Le G20 se mobilise face à la pandémie

CoronavirusLe roi Salmane d'Arabie saoudite, qui préside cette année l'institution, a demandé aux pays membres d'apporter une réponse «coordonnée» à la crise du coronavirus.

Le roi Salmane ce jeudi à Riyad lors de l'ouverture d'un sommet du G20 par visio-conférence.

Le roi Salmane ce jeudi à Riyad lors de l'ouverture d'un sommet du G20 par visio-conférence. Image: Keystone

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La situation sanitaire reste dramatique en Europe, où la barre des 4000 décès a été franchie jeudi en Espagne et où les hôpitaux de Londres font face à un «tsunami» de malades, mais l'OMS voit des «signes encourageants» de ralentissement de la propagation du coronavirus sur le continent.

Les 20 pays les plus industrialisés de la planète doivent quant à eux apporter une réponse «coordonnée» à la pandémie de Covid-19 notamment vis-à-vis des pays les plus pauvres, a demandé à l'ouverture d'un sommet par visio-conférence du G20 le roi Salmane d'Arabie saoudite qui préside cette année l'institution.

Malgré des mesures de confinement sans précédent affectant plus de trois milliards de personnes, le nouveau coronavirus «menace l'humanité entière», selon l'ONU.

Apparue en Chine en décembre, la maladie Covid-19 a déjà tué près de 22'000 personnes, dont les deux tiers en Europe, où plus de 250'000 cas sont désormais officiellement diagnostiqués selon un comptage réalisé par l'AFP à 12H00 GMT (13h00 en Suisse)

«Signes encourageants»

«Bien que la situation reste très préoccupante, nous commençons à voir des signes encourageants», a néanmoins déclaré jeudi le patron de la branche Europe de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Hans Kluge.

L'augmentation du nombre de cas en Italie, pays le plus durement touché au monde avec plus de 7500 décès, semble ralentir, «mais il est encore trop tôt pour dire que la pandémie a atteint son apogée dans ce pays», a-t-il tempéré.

L'Espagne, devenu la veille le 2e pays le plus touché au monde devant la Chine en nombre de morts, a franchi jeudi la barre des 4000 décès.

Et à Londres, les hôpitaux publics sont confrontés à un «tsunami continu» de malades graves accompagné d'une proportion «sans précédent» de personnel souffrant, selon un responsable du système public de santé britannique.

1000% de chômage

Conséquence des mesures de confinement sans précédent touchant désormais plus d'un tiers de l'humanité: le monde est à l'arrêt et l'économie plonge.

Aux Etats-Unis, les demandes d'allocations chômage ont explosé de 1000% la semaine écoulée et atteint un record historique. En France, l'institut national des statistiques estime à 35% la perte d'activité économique due aux mesures de confinement.

Rétablir la confiance

Critiqué pour son silence jusqu'ici, le G20, qui représente près des deux tiers de la population mondiale et les trois quarts du PIB planétaire, doit «rétablir la confiance dans l'économie mondiale», a estimé jeudi le roi Salmane.

L'ex-président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a appelé les Etats à «absorber» les pertes subies par le secteur privé. Un Conseil européen cherchera également jeudi comment minimiser l'impact économique de la pandémie dans l'Union européenne.

Les Etats sont jusqu'ici intervenus en ordre dispersé. Mercredi, le Sénat américain a adopté un plan de soutien à l'économie américaine de 2000 milliards de dollars (environ 1940 milliards de francs), et l'Allemagne un arsenal de mesures de 1100 milliards d'euros (environ 1170 milliards de francs).

La Banque centrale américaine a aussi promis jeudi de continuer à prêter de l'argent «agressivement» pour combattre l'impact économique de l'épidémie.

Marchés en baisse

Après deux séances de gains, la Bourse de Tokyo a lourdement rechuté jeudi, sur fond de crainte d'une flambée de l'épidémie dans la capitale japonaise, dont les habitants sont invités à éviter les déplacements ce weekend, mais pas confinés.

Les bourses de Londres, Francfort et Paris, qui avaient repris espoir ces deux derniers jours, sont également en baisse, suivies par Wall Street, effrayées par la propagation de l'épidémie, en particulier aux Etats-Unis, première économie de la planète.

C'est là qu'elle progresse le plus rapidement, avec près de 68'572 cas de Covid-19 confirmés et plus de 1000 morts, selon un décompte de l'université Johns Hopkins.

Ralentir la propagation

L'Afrique, mal armée pour faire face à une crise sanitaire de grande ampleur, suscite également de grandes inquiétudes avec l'apparition de premiers cas au Mali ou en Libye, des pays en guerre.

Les ONG ont d'ailleurs entamé une course contre la montre pour tenter de ralentir la propagation du virus dans les pays pauvres, et éviter un scénario catastrophe dans ces nations où les systèmes de santé sont insuffisants, en proie à la guerre ou à une crise humanitaire.

Epidémie endiguée en Chine

A l'inverse, l'épidémie semble endiguée en Chine, qui a levé les restrictions drastiques imposées depuis des mois dans la province centrale de Hubei, berceau de la pandémie, sauf dans la capitale régionale Wuhan.

Résultat: des embouteillages sur les routes et une ruée sur trains et autocars. Mais le pays a néanmoins drastiquement limité les vols internationaux, au départ et à l'arrivée. La peur n'a néanmoins pas disparu et le retour à la normale est encore loin, comme à Huanggang, une des villes les plus touchées par l'épidémie, où l'activité tourne encore au ralenti.

Dans les rues, de nombreux avertissements rappellent que le virus n'a pas disparu. «Se rassembler pour jouer aux cartes est un suicide», prévient ainsi une banderole. «Même si beaucoup de choses sont rouvertes, on doit encore faire attention», explique, masque sur le visage Chen Wenjun, pharmacienne de 22 ans.

Troupes retirées d'Irak

La France, qui recense plus de 1300 morts, se prépare à un «effort long». Elle a retiré ses troupes d'Irak et mis ses militaires sur le pied de guerre pour répondre à cette urgence sanitaire.

Deuxième pays le plus peuplé du monde, l'Inde (officiellement 519 cas, dont 10 mortels) a confiné à son tour mercredi ses 1,3 milliard d'habitants. Mais, soupçonnés d'être en contact avec le virus, soignants, livreurs ou employés de compagnies aériennes sont menacés, attaqués, voire évincés de leur domicile, par une population paranoïaque.

En Russie, tous les vols internationaux seront suspendus à compter de vendredi et la semaine prochaine sera chômée. Le président Vladimir Poutine a appelé ses concitoyens à «rester à la maison», sans toutefois l'ordonner.

La mairie de Moscou a en revanche annoncé la fermeture dès samedi de tous les commerces non essentiels. (afp/nxp)

Créé: 26.03.2020, 15h52

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