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La fronde des Régions affaiblit le plan de Macron

Etranglées par l’Etat, les Régions grognent. Mais le gouvernement peut-il se passer des collectivités pour réformer?

L’ancien ministre Philippe Richert a annoncé samedi qu’il quittait la présidence de la région Grand Est.
L’ancien ministre Philippe Richert a annoncé samedi qu’il quittait la présidence de la région Grand Est.
AFP

Entre le gouvernement français et ses Régions, rien ne va plus. Samedi, un épisode supplémentaire a illustré cet affrontement. L’ancien ministre Philippe Richert (Les Républicains) a démissionné avec fracas de sa présidence de la Région Grand-Est (Alsace-Lorraine et Champagne-Ardennes), mais aussi de celle de l’influente Association des présidents des Régions de France. Les bisbilles internes – Richert essuyant les reproches de ses collègues qui veulent retourner à la Région Alsace en solo – n’expliquent qu’en partie l’abandon de l’ex-ministre de Sarkozy. Philippe Richert a également mis en cause l’actuel gouvernement et la politique particulièrement restrictive qu’il mène vis-à-vis des collectivités locales.

Sans doute la journée de jeudi dernier à Orléans a-t-elle été la goutte qui a fait déborder un vase empli de fiel. Au cours de ce Congrès des Régions, que Richert présidait, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé que le fonds de développement économique dédié aux Régions ne serait pas reconduit. Une perte sèche qui s’ajoute à d’autres avanies subies par les collectivités régionales, territoriales et locales: la suppression pour 80% de contribuables de la taxe d’habitation qui leur est dévolue, l’obligation pour elles de réaliser 13 milliards d’euros d’économies sur cinq ans, la baisse de 10,4 milliards d’euros de leur dotation par l’Etat central, la forte diminution des emplois aidés, entre autres.

Une première réponse de la France des provinces a été récemment apportée par les grands électeurs (les élus locaux), seuls chargés d’élire le Sénat. La formation de Macron (La République en marche, LREM) n’a pu faire élire que 28 sénateurs sur 348. Les présidents des plus importantes Régions ont renchéri sur les protestations de Philippe Richert.

Pourtant bien disposé envers Emmanuel Macron, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (LR), s’est montré fort remonté contre le gouvernement à l’issue du congrès d’Orléans: «Il faut nous retirer de tout dialogue avec l’Etat. Moi, je ne fais plus confiance. Il faut couper les ponts!» La modérée Valérie Pécresse (LR), présidente d’Ile-de-France, lui a emboîté le pas: «C’est une vraie recentralisation inefficace, un mépris et le retrait de la parole donnée.» Président de Rhône-Alpes-Auvergne, Laurent Wauquiez paraît moins en pointe, car il mobilise actuellement ses énergies pour devenir président du parti LR. Néanmoins, il a lui aussi appelé à la fronde des Régions contre le centre. Même à gauche, la colère gronde: «Nous ne serons pas au rendez-vous de la concertation avec l’Etat s’il ne revient pas sur sa position», a affirmé le président socialiste du Centre-Val-de-Loire, François Bonneau.

Dans sa volonté de réduire la dette, le président Macron a donc mis la pression sur les collectivités, suspectant de leur part un certain laxisme dans la gestion des deniers publics. L’ennui, c’est que les Régions françaises sont désormais dotées de pouvoirs plus importants que naguère en matière économique, notamment sur des sujets cruciaux: formation professionnelle, gestion des fonds européens, transports, aides à la création d’activités et d’entreprises.

Dès lors, le succès de la politique économique du quinquennat dépend en grande partie des Régions. Le président Macron devra trouver le moyen pour recoller les morceaux avec ces incontournables collectivités.

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