Des Françaises veulent pouvoir exposer leur décolleté

FranceDes femmes défendent sur Twitter le droit de s'habiller aussi léger qu'elles le souhaitent sans censure.

Image: Twitter

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

S'habiller comme elles veulent sans essuyer de commentaires; au moment où une vague de chaleur s'abat sur l'Europe, des Françaises mènent un nouveau front sur Twitter et préviennent les censeurs: #JeKiffeMonDécolleté.

Le 18 juin, @c3celineb, poste un message sous la photo de sa poitrine, moulée dans un débardeur rayé: «Donc, d'après un type croisé tout à l'heure, ceci est un décolleté de sale pute » et ajoute: «Mec, mes seins et moi on t'emmerde bien fort». Le message de Céline b - qui ne compte que 440 abonnés sur Twitter - est «aimé» plus de 4700 fois et retweeté plus de 1000.

Quelque jours plus tard, Zohra Bitan, une chroniqueuse de la radio RMC, engagée à gauche, repère le message et lance le cri de ralliement: «En attendant la canicule et en guise de résistance à la police vestimentaire qui tente des percées ça et là #JeKiffeMonDecollete» annonce-t-elle en invitant les autres femmes à poster des photos du leur.

Elle se fend également d'une mise au point: «Un décolleté est une liberté, égarer son regard dedans est une liberté aussi... ça s'arrête là... c'est clair ? #JeKiffeMonDecolete» «Liberté, Egalité, Décolleté» ajoute-t-elle encore, relayée depuis samedi par des milliers de messages et de clichés. «#JeKiffeMonDécolleté Parce que je suis une femme libre parce que nos grand-mères se sont battues pour la liberté» écrit Marie D'Ange.

Poitrines en bikini, en nuisette, moulée sous un tee-shirt, naissance des seins ou base du cou, des milliers de filles et de femmes de tous âges ont répondu à l'appel. Même l'ancienne ministre de droite Nadine Morano a posté un pudique décolleté - orné d'une croix - pour soutenir le mouvement.

Celui-ci est d'autant plus notable qu'il survient simultanément avec la résurgence du débat sur le burkini, ce maillot de bain couvrant défendu par des associations islamistes, que des militantes radicales ont relancé ce weekend dans une piscine publique de Grenoble (sud-est) au nom de la lutte contre la discrimination. Le burkini a été interdit dans l'espace public au nom de la laïcité.

La bataille du décolleté est la dernière illustration d'une tendance affirmée sur Twitter depuis l'irruption du mouvement #MeToo, en octobre 2017, suite aux révélations sur le producteur américain Harvey Weinstein, rapidement suivi en France et au Canada de #BalanceTonPorc, sur le harcèlement, en milieu professionnel ou dans la rue.

En juillet 2018, une étudiante de 22 ans, Marie Laguerre, met en ligne sur le réseau la vidéo d'un homme la giflant après l'avoir insultée. Cette agression devient rapidement emblématique du harcèlement subi par les filles et plus d'un millier viennent témoigner sur une plateforme en ligne créée par la victime.

La France s'est dotée en 2018 d'une loi pénalisant le harcèlement de rue.

(afp/nxp)

Créé: 24.06.2019, 14h03

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

30 avions de Swiss immobilisés pour des problèmes de moteur
Plus...