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Forum social mondial: les paradis fiscaux visés

Des ONG comme Oxfam et Attac ont appelé mercredi au Forum social mondial à sévir contre les paradis fiscaux.

Au Forum social mondial de Montréal, plusieurs ONG ont appelé à combattre les paradis fiscaux. (Mercredi 10 août 2016)
Au Forum social mondial de Montréal, plusieurs ONG ont appelé à combattre les paradis fiscaux. (Mercredi 10 août 2016)
AFP
Des milliers de militants altermondialistes ont défilé  dans le centre de Montréal pour donner le coup d'envoi du 12e Forum social mondial (FSM). (Mardi 9 août 2016)
Des milliers de militants altermondialistes ont défilé dans le centre de Montréal pour donner le coup d'envoi du 12e Forum social mondial (FSM). (Mardi 9 août 2016)
AFP
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Plusieurs ONG ont appelé mercredi soir au Forum social mondial (FSM) de Montréal à agir contre les paradis fiscaux. Ces «juridictions de complaisance» sont au coeur des inégalités dans le monde. Mais l'opinion semble avoir commencé à changer, selon elles.

Il y a vingt ans, il était impossible de parler de justice fiscale et encore moins d'inégalités. Désormais, le mot impôt n'est plus considéré comme un gros mot, se sont félicités plusieurs intervenants à un débat organisé notamment par les sections québécoises d'Oxfam et Attac.

Récemment, diverses actions symboliques ont été menées pour tenter de sensibiliser le grand public à l'impact des paradis fiscaux, comme des vols («fauchages») de chaises dans les banques françaises jugées «complices», la «libération» de Jersey ou encore l'organisation de «visites guidées» au coeur de la City londonienne.

Les citoyens sont plus conscients des problèmes liés aux paradis fiscaux; ils ont plus d'informations. Mais ils doivent agir: «la volonté politique des gouvernements ne va pas venir toute seule. C'est à nous de la demander», souligne Ricardo Fuentes, le directeur général d'Oxfam Mexique.

Inégalités dramatiques

Ricardo Fuentes est le coauteur d'une étude montrant que les 62 personnes les plus riches au monde possèdent désormais autant que la moitié de la population mondiale. Et cet écart s'accélère, ajoutait l'étude, publiée en janvier dernier au Forum économique mondial (WEF) de Davos.

Pour les intervenants, cette concentration de la richesse a des effets dramatiques: elle est au coeur de la capacité des Etats à lutter contre les inégalités sociales et à financer de nombreux besoins, comme les infrastructures, les dépenses sociales ou encore la transition énergétique, explique l'essayiste québécois Alain Deneault, fondateur de l'organisation Echec aux paradis fiscaux.

Car au final, «c'est nous qui payons» pour les dépenses publiques et qui subissons les plans d'austérité, ajoute-t-il. M. Deneault constate toutefois lui aussi une «prise de conscience» du public, notamment grâce au travail des ONG puis des journalistes du consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

Taxation unique

Parmi les solutions évoquées, l'une semble simple: il suffirait de taxer les grandes multinationales comme une seule entité, au lieu de leur permettre de profiter des avantages de leurs myriades de filiales à travers le monde, propose Teresa Marshall, de Global Alliance for Tax Justice.

Selon elle, le seul moyen de mettre fin aux paradis fiscaux, c'est d'interdire un tel système pour des sociétés comme Coca-Cola ou Apple. Des géants qui font des milliards de bénéfices à travers le monde avec les mêmes produits.

Une plus grande transparence est également urgente. Au moins 21'000 milliards de dollars d«actifs financiers étaient détenus par des particuliers fortunés dans des paradis fiscaux à la fin 2010, selon une estimation de l«association Tax Justice Network (TJN). Ce qui représentait à l'époque «le poids cumulé des économies des États-Unis et du Japon».

(ats)

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