Fin de partie pour Hillary, fin de la dynastie Clinton

La déroute démocrate Donnée favorite jusqu’à la veille du scrutin, la candidate démocrate a subi une défaite cuisante. Un échec qui remet en cause la politique menée par Barack Obama.

«C’est une défaite douloureuse et elle le sera longtemps», a  déclaré Hillary Clinton lors d’un dernier discours politique ovationné par une foule de supporters.

«C’est une défaite douloureuse et elle le sera longtemps», a déclaré Hillary Clinton lors d’un dernier discours politique ovationné par une foule de supporters. Image: CARLOS BARRIA/Reuters

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«Je suis déçue, des dizaines de milliers d’Américains sont déçus.» Il aura fallu attendre plus de neuf heures après l’annonce officielle de la victoire de Donald Trump pour entendre les premiers mots d’Hillary Clinton. «C’est une défaite douloureuse et elle le sera longtemps», a-t-elle déclaré lors d’un dernier discours politique ovationné par une foule de supporters. Cette déroute est une humiliation pour Hillary Clinton, un affront pour les femmes, une claque pour les minorités et un revers pour les démocrates et Barack Obama. La candidate à la magistrature suprême des Etats-Unis n’était pas aimée, elle le savait. Pour faire de la politique quand on est une femme «il faut avoir la peau aussi épaisse qu’un rhinocéros». «J’ai des cicatrices pour le prouver», assénait-elle pendant la campagne. Ça n’a pas suffi.

Stupeur et incrédulité

Eliminée de la course à la Maison-Blanche en 2008 par Barack Obama lors des primaires, l’ancienne secrétaire d’Etat a été une nouvelle fois battue mardi par le novice en politique Donald Trump alors qu’elle était donnée favorite dans les sondages jusqu’à la veille du scrutin. Pire, la victoire du tribun républicain ne s’est pas faite sur le fil, elle est nette. Personne n’a rien vu venir. Pas même les médias qui l’ont majoritairement soutenu.

Pour ses supporters et les militants démocrates, c’est l’électrochoc. Ils ont attendu par milliers, les yeux rivés sur les écrans, pour célébrer une élection dont ils croyaient connaître le vainqueur. Ils étaient confiants et pensaient assister à un moment historique, l’accession de la première femme à la Maison-Blanche. La fête a viré au cauchemar.

A New York, au QG de la candidate, l’heure était à l’incrédulité. Hillary Clinton avait réservé depuis plus d’un an le centre de conférence Jacob K. Javits, dessiné par l’architecte Ieoh Ming Pei et doté d’un impressionnant plafond de verre, symbole du fameux «glass ceiling» qu’elle espérait briser. Après un président noir, elle pensait son heure venue. Deux cent vingt-huit ans que les femmes attendaient ce moment. Elles attendront encore. Hillary Clinton n’a pas non plus réussi à mobiliser l’électorat féminin malgré les dérapages sexistes de son adversaire. Selon les estimations de CNN, 53% des femmes blanches ont voté pour le républicain.

Deux mandats démocrates défaits

Après la sidération, place aux interrogations. Comment expliquer une telle déroute? Un mot est alors venu sur toutes les lèvres: establishment. «Les gens sont contre l’establishment, ils veulent du changement, ils attendent le messie. Alors ils sont prêts à essayer quelque chose de nouveau, quitte à se tromper», confiait un supporter démocrate à l’AFP. Hillary Clinton représente une élite politique, financière et médiatique que Donald Trump, le candidat antisystème, a combattue durant sa campagne. Le message des électeurs a été très limpide.

Pour l’ancienne secrétaire d’Etat cet échec est personnel, mais pas que. C’est aussi celui de Barack Obama – monté en première ligne pour la soutenir – et de la politique progressiste et porteuse d’espoir qu’il a menée pendant huit ans. Le président démocrate peut légitimement s’interroger sur ce qu’il restera de son bilan après le passage de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le milliardaire a promis haut et fort de supprimer ou détricoter toutes ses réformes ou avancées emblématiques. L’assurance santé (Obamacare)? Abolie. La lutte contre le changement climatique et l’accord de Paris conclu à la fin de 2015? Annulé. Tout comme l’accord de libre-échange Asie-Pacifique. Il entend aussi balayer tous les décrets présidentiels, anticonstitutionnels selon lui, signés par l’actuel locataire de la Maison-Blanche. Et ce, dès les premiers jours de sa présidence.

Hillary Clinton restera la femme d’une ambition jamais assouvie. A 69 ans, cette défaite signe très probablement la fin de sa carrière politique. Et la fin de la dynastie Clinton. Là encore, le verdict du scrutin marque clairement un rejet des professionnels de la politique.

(TDG)

Créé: 09.11.2016, 20h20

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