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Une femen perturbe le vote de Berlusconi

Les citoyens de la Botte se sont déplacés dimanche pour renouveler le Parlement.

Les Italiens étaient au rendez-vous dimanche pour des élections législatives qui devraient voir une poussée des populistes et de la droite de Silvio Berlusconi, dont le vote a été perturbé par une militante femen. Aucun parti ne devrait toutefois obtenir la majorité absolue.

En #Italie, une #Femen interrompt le vote de #Berlusconipic.twitter.com/S2CSLNOGvM— CNEWS (@CNEWS) 4 mars 2018

Plus de 46 millions d'électeurs étaient invités à voter jusqu'à 23h00: tous doivent élire 630 députés via un bulletin rose et ceux âgés de plus de 25 ans reçoivent aussi un bulletin jaune pour choisir les 315 sénateurs.

A la mi-journée, le taux de participation était d'environ 19,4%, selon le ministère de l'Intérieur. C'est 4 points de plus qu'en 2013, mais le scrutin avait alors été organisé sur deux jours.

Compte tenu de la complexité du nouveau système électoral, qui combine scrutin proportionnel et majoritaire, les premières indications sur la composition réelle du futur parlement sont attendues très tard dans la nuit. Les coalitions devront obtenir 10% des voix au niveau national pour entrer au parlement, le seuil étant fixé à 3% pour les partis qui font cavalier seul.

A la sortie des bureaux de vote, nombre d'électeurs se montraient amers. La campagne a en effet eu des accents parfois violents, dominée par les questions liées à l'immigration, l'insécurité ou la faiblesse de la reprise économique en Italie.

«Instabilité permanente»

Si la coalition de droite/extrême droite est donnée en tête, elle est loin d'être certaine de pouvoir gouverner. Selon les experts, le seuil pour obtenir la majorité des sièges est de 40 à 45%.

Or les derniers sondages, datant d'il y a deux semaines, plaçaient la coalition en tête avec 37% des intentions de vote, dont 17% pour Forza Italia, le parti de M. Berlusconi, et 13% pour la Ligue de Matteo Salvini (extrême-droite), devant le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste, 28%) et la coalition de centre gauche (27%).

Dimanche matin, la presse italienne semblait déjà résignée à ce qu'aucune majorité ne se dessine. «Le verdict contre l'Italie est toujours le même: le pays vit une instabilité permanente. L'ingouvernabilité est désormais une maladie endémique», se désolait La Repubblica.

«Berlusconi, tu es périmé»

Si la plupart des responsables politiques ont voté dans le calme, Silvio Berlusconi a eu la surprise de voir une militante Femen se dresser sur la table de son bureau de vote. «Berlusconi, tu es périmé», proclamait le message sur son torse nu.

Inéligible depuis une condamnation pour fraude fiscale, le milliardaire âgé de 81 ans a choisi Antonio Tajani, président du Parlement européen, pour diriger le gouvernement en cas de victoire. Mais M. Salvini, fort d'une campagne tonitruante axée contre Bruxelles et les migrants, entend bien porter la Ligue devant FI et prendre lui-même les commandes.

Le chef du PD, Matteo Renzi, a appelé au «vote utile» contre cette union, brandissant aussi la menace d'une alliance post-électorale entre la Ligue et le M5S, qui officiellement s'en défendent. Le mouvement fondé par le comique Beppe Grillo en 2009, qui avait créé la surprise en raflant 25% des voix aux dernières législatives de 2013, a clôturé sa campagne en se disant certain de l'emporter.

«Ce soir, c'est la fin de la période d'opposition et c'est le début de la période gouvernementale» du M5S, a assuré Luigi Di Maio, le jeune candidat du Mouvement au poste de chef du gouvernement. Le M5S pourrait en effet devenir le premier parti du pays, mais il lui faudra probablement se résoudre à des alliances pour gouverner.

Quelques difficultés logistiques

A l'issue d'une campagne marquée aussi par la montée en puissance de mouvements néofascistes et des heurts récurrents entre forces de l'ordre et militants d'extrême gauche, des autocollants menaçants sont apparus samedi devant des dizaines d'appartements à Pavie, au sud de Milan: «Ici réside un antifasciste».

L'organisation du scrutin a aussi connu quelques difficultés. A Palerme (Sicile), il a fallu réimprimer en urgence 200'000 bulletins. Plusieurs bureaux ont également été perturbés, en particulier à Rome, quand des erreurs ont été découvertes sur les bulletins.

D'une manière générale, la procédure était fortement ralentie par un coupon anti-fraude qu'un assesseur doit prélever sur chaque bulletin avant qu'il soit mis dans l'urne: de longues files d'attente ont été signalées un peu partout dans le pays.

(AFP)

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