«Fake news»: une femme visée par la justice

EspagneUne femme est dans le collimateur de la justice espagnole après la diffusion d'une vidéo accusant des migrants de harcèlement.

Le fait d'avoir diffusé cette vidéo sur un réseau social ayant 5 millions d'utilisateurs en Espagne est une circonstance aggravante.

Le fait d'avoir diffusé cette vidéo sur un réseau social ayant 5 millions d'utilisateurs en Espagne est une circonstance aggravante. Image: Keystone

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Une première plainte a été déposée en Espagne par le parquet contre une «fake news» visant une femme ayant diffusé une vidéo sur Twitter accusant des migrants de harceler une professeure dans le pays, a-t-on appris vendredi auprès du parquet.

Cette vidéo avait en réalité été filmée au Brésil le 30 mai dernier dans une école de la commune de Carapicuíiba, dans l'État de São Paulo, comme l'avait vérifié en septembre dernier l'équipe de fact-checking de l'AFP (//u.afp.com/EscuelaBrasil).

Identifiée par la police, cette femme, habitant près de Barcelone, avait diffusé la vidéo dans laquelle plusieurs élèves insultent la professeure, renversent et jettent des tables dans la salle de classe, sur son compte Twitter le 13 juin dernier.

Elle y affirmait que les images avaient été tournées en Espagne. «Je t'envoie une vidéo d'un établissement scolaire pour migrants mineurs entrés illégalement en Espagne. Je te prie de la diffuser pour que l'Espagne se rende compte une bonne fois pour toutes comment ils nous remercient de les accueillir», écrivait-elle dans son message, selon la plainte du Parquet de Barcelone datée du 16 janvier.

Une première en Espagne

Cette personne «prétendait lier une violence présumée dans les salles de classe avec les mineurs non accompagnés venant dans notre pays en provenance d'autres pays. Et ce afin de les dénigrer», note le parquet dans sa plainte.

Cette plainte est «la première dans toute l'Espagne» déposée par le Ministère public contre la désinformation, a assuré la porte-parole du Parquet de Barcelone. Elle est entre les mains d'un juge du Tribunal de Sant Feliu de Llobregat, près de Barcelone. Ce juge doit décider s'il accepte la plainte ou s'il la classe sans suite. Si tel était le cas, le parquet pourrait déposer un recours.

La plainte du parquet se fonde sur un article du Code pénal espagnol qui prévoit de six mois à deux ans de prison pour les personnes coupables de «porter atteinte à la dignité» d'un groupe déterminé «à travers des actes basés sur l'humiliation, le mépris et le discrédit».

Pour le parquet, le fait d'avoir diffusé cette vidéo sur un réseau social ayant 5 millions d'utilisateurs en Espagne est une circonstance aggravante. (afp/nxp)

Créé: 28.02.2020, 13h36

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