Joggeuse assassinée: Laurent D. écope de 20 ans

FranceLes jurés ont tranché sur la culpabilité du meurtrier présumé de la jeune femme assassinée en 2011, près de Toulouse. Laurent D. a écopé de 20 ans de prison.

Patricia B. avait été retrouvée le crâne enfoncée. Son meurtrier avait également essayé de l'étrangler.

Patricia B. avait été retrouvée le crâne enfoncée. Son meurtrier avait également essayé de l'étrangler. Image: archive/photo d'illustration/AFP

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Laurent D., 39 ans, a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Haute-Garonne pour avoir tué Patricia B., une joggeuse de 49 ans, le jour de la saint-Valentin en 2011.

La cour l'a jugé coupable alors que l'avocat général avait requis jeudi l'acquittement faute de preuves. Souffrant d'une schizophrénie paranoïde selon les termes de l'expert psychiatre, Laurent D. s'est vu reconnaître des circonstances atténuantes pour troubles psychiques.

Sa défense a annoncé qu'elle allait immédiatement faire appel. «Nous ne pouvons pas accepter qu'en 2019 on soit condamné sans preuve», l'accusé était «sous cachetons , il était difficile pour lui de s'exprimer calmement», a affirmé un des avocats, Pierre Dubuisson.

La famille a laissé éclater son soulagement à l'annonce du verdict : «Je sais que c'était difficile pour les jurés (...) mais il a tué Patricia», a réagi le veuf de la victime, Christian B. «Ma mère n'est pas morte pour rien, on ne peut que se réjouir, il y avait une grosse crainte d'un acquittement», a lancé leur fille, Carlyne B. «On se doute qu'il va y avoir appel mais pour le moment on se réjouit de la nouvelle», a-t-elle ajouté.

La veille, au terme de 11 jours de procès, l'avocat général David Sénat avait requis l'acquittement de Laurent D., un aide-plaquiste qui a toujours plaidé son innocence. «Il est possible que Laurent Dejean soit coupable mais les preuves font défaut», avait déclaré le magistrat.

Témoignage «fragile»

«L'intime conviction n'est pas une intime émotion», avait-il aussi lancé, démontant un «dossier vide» et soulignant la «fragilité» du témoignage qui avait conduit à l'interpellation de Laurent D.

Dès le deuxième jour, la partie civile s'était offusquée de l'attitude du parquet général, la jugeant partisane en faveur de l'accusé : «La partie civile est très blessée, limite outragée», avait clamé Christian B.

Fin 2017, le même avocat général avait estimé qu'il n'y avait pas dans le dossier de plus de 40'000 pièces, les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises. La chambre de l'instruction avait finalement tranché en faveur du renvoi devant un jury populaire, qui s'est prononcé après plus de cinq heures de délibéré.

Le 14 février 2011 à Bouloc, près de Toulouse, Patricia B. n'était pas revenue de son jogging matinal. Son corps n'avait été retrouvé qu'un mois et demi plus tard, dissimulé dans une conduite d'eau, le crâne enfoncé.

Cinq jours après la disparition, un témoin s'était présenté aux enquêteurs. Il avait déclaré que quelques secondes après avoir croisé une joggeuse, il avait failli emboutir une Clio stationnée à contre sens, tous feux éteints, dans laquelle se trouvait un homme barbu.

«Coupable idéal»

A partir de ce témoignage, un portrait robot du suspect a été réalisé et plusieurs personnes ont affirmé reconnaître Laurent D., dont son ex-compagne.

Relevant l'absence d'éléments probants, les avocats Pierre et Guy Dubuisson ont pour leur part dénoncé dans leur plaidoirie la fabrication «d'un coupable idéal» par les enquêteurs.

«A un certain moment, il a fallu que l'on trouve un coupable», a tonné Me Guy Dubuisson. Le pénaliste toulousain avait de façon appuyée, mis en garde les jurés contre une erreur judiciaire : «Vous ne pouvez pas condamner si vous n'avez pas de certitude».

De leur côté, les deux avocats de la partie civile, Lena Baro et Stéphane Julliard avaient mis en avant des «éléments convergents» rassemblés par les enquêteurs.

Me Baro a ainsi rappelé, l'étrange déclaration de Laurent D. aux gendarmes, affirmant avoir aperçu une tâche de sang depuis la route en se rendant à son travail alors même que «la scène de crime n'avait pas été découverte». Autre déclaration troublante, l'accusé avait affirmé qu'il manquait «deux galets» sur la scène de crime, et que ces galets «pouvaient être l'arme du crime».

Me Julliard a également plaidé la dangerosité de l'accusé qui consommait du cannabis et de la cocaïne, «accélérateurs de sa maladie» selon lui. (afp/nxp)

Créé: 29.03.2019, 15h38

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