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Affaire GrégoryMurielle Bolle sera fixée jeudi sur sa garde à vue

Nouvelle étape judiciaire depuis la mort du petit garçon, il y a près de 40 ans. Murielle Bolle saura si les déclarations lors de sa garde à vue, âgée de 15 ans à l'époque des faits, seront annulées.

La cour d'appel de Paris a annulé jeudi la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l'enquête sur la mort du petit Grégory. (16 janvier 2020)
La cour d'appel de Paris a annulé jeudi la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l'enquête sur la mort du petit Grégory. (16 janvier 2020)
AFP
La Cour de cassation a reconnu mardi que la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans le cadre de l'affaire Grégory a été effectuée en application de dispositions «inconstitutionnelles». La cour d'appel de Paris de réexaminer la question de son annulation. Ici sur la photo, Murielle Bolle arrive au au palais de Justice de Dijon en 1996.
La Cour de cassation a reconnu mardi que la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans le cadre de l'affaire Grégory a été effectuée en application de dispositions «inconstitutionnelles». La cour d'appel de Paris de réexaminer la question de son annulation. Ici sur la photo, Murielle Bolle arrive au au palais de Justice de Dijon en 1996.
archive/photo d'illustration, AFP
De nombreux journalistes assistent à la reconstitution de l'assassinat de Grégory. (30 octobre 1984)
De nombreux journalistes assistent à la reconstitution de l'assassinat de Grégory. (30 octobre 1984)
AFP
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Près de 36 ans après la mort de Grégory Villemin dans les Vosges, la cour d'appel de Paris doit dire jeudi si elle annule les déclarations de Murielle Bolle lors de sa garde à vue dans cette affaire, et surtout dans quelles proportions.

C'est une nouvelle étape judiciaire qui pourrait avoir des répercussions en cascade sur l'ensemble de l'enquête sur la mort de ce petit garçon de quatre ans qui avait été retrouvé mort le 16 octobre 1984, pieds et poings liés, dans les eaux de la Vologne.

En février, la Cour de cassation avait ouvert la voie à cette annulation et renvoyé devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris la partie du dossier concernant la garde à vue en novembre 1984 de Murielle Bolle, qui était à l'époque âgée de 15 ans.

Devant les gendarmes, la jeune fille avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir kidnappé en sa présence Grégory Villemin. Elle avait réitéré ses propos quelques jours plus tard face au juge d'instruction Jean-Michel Lambert.

«L'enfance délinquante»

Mais l'adolescente s'était ensuite rétractée en assurant avoir tenu ces propos sous la contrainte des gendarmes. Elle n'a depuis cessé de clamer l'innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du «petit Grégory», Jean-Marie Villemin, en 1985.

Saisie par Murielle Bolle, la Cour de cassation a reconnu le 19 février que la garde à vue de l'adolescente avait été effectuée en application de dispositions «inconstitutionnelles» de l'ordonnance de 1945 sur «l'enfance délinquante», la loi ne prévoyant alors, par exemple, ni présence d'un avocat ni notification du droit de se taire.

La plus haute juridiction judiciaire entérinait une décision du Conseil constitutionnel rendue quelques mois plus tôt.

Périmètre de la garde à vue

Le 18 décembre, lors d'une audience à huis clos devant la chambre de l'instruction, la défense de Murielle Bolle a demandé l'annulation partielle ou totale de 198 actes ou passages d'actes contenus dans le dossier. En particulier, elle réclame l'annulation des six pages de procès-verbal de la garde à vue des 2 et 3 novembre 1984.

Selon des sources concordantes, l'avocat général a requis pour sa part l'annulation de la garde à vue de la jeune fille mais demandé de conserver au dossier ses déclarations faites auprès des gendarmes avant le début officiel de cette garde à vue - autrement dit uniquement les trois premières pages du procès-verbal - ainsi que son interrogatoire par le juge Lambert. Il a par ailleurs demandé d'invalider certains éléments faisant référence à la garde à vue contenus dans un peu plus d'une centaine de pièces.

Après son «nettoyage» parisien, le dossier devrait revenir à la cour d'appel de Dijon.

L'affaire Grégory, considérée comme l'un des dossiers les plus énigmatiques de l'histoire criminelle en France, a été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grand-tante de l'enfant - les époux Jacob qui n'avaient jamais été inquiétés auparavant - et Murielle Bolle ont été mis en examen, soupçonnés d'avoir commis un «acte collectif». Mais ces poursuites ont ensuite été annulées pour des questions de procédure.

(AFP)

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