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Meurtre d'une joggeuse: témoin sur le gril

Le principal témoin au procès de l'homme accusé du meurtre d'une joggeuse en février 2011, a été pressé de questions mardi devant la cour d'assises de la Haute-Garonne.

Patricia B. avait été retrouvée le crâne enfoncé.
Patricia B. avait été retrouvée le crâne enfoncé.

Le président Guillaume Roussel a averti Nicolas G. dès le début de l'audience: «Vous connaissez l'enjeu de vos déclarations», lui a-t-il signifié, le témoin soulignant que l'audience se tenait 8 ans après les faits.

«Avec ma mémoire, ça va pas être facile», a-t-il déclaré avant de se lancer dans le récit de cette journée du 14 février 2011, le jour de la Saint-Valentin.

Pour «démarrer» son travail à 5h, raconte ce livreur, il prend une petite route, croise vers 4h30 «quelqu'un qui faisait un jogging», quelque chose «d'inhabituel à cette heure-là», puis «une voiture» stationnée un peu plus loin et empiétant sur sa voie.

«Regard fuyant (...)»

Nicolas G. répète les déclarations qu'il a faites devant la police où il s'est rendu 5 jours après les faits, sur les conseils de sa mère: il s'arrête à la hauteur de cette voiture, «la même» que la sienne, «une Clio» qui redémarre rapidement, le chauffeur «faisant hurler le moteur».

Mais il a eu le temps de l'apercevoir et se «rappelle de la personne à l'intérieur», son «regard fuyant, un regard de peur et de surprise«. C'est grâce à sa description que sera établi un portrait robot du suspect.

Celui-ci ne sera diffusé publiquement que 2 ans et 8 mois plus tard mais permettra toutefois d'appréhender l'accusé, grâce à un coup de fil anonyme.

Mais à quelle hauteur de la Clio s'est-il arrêté ? Ses déclarations ont varié: 7 mètres, 5m, 3m et même 1,50m. »Soyez précis, lui enjoint le président, «l'enjeu est important».

Le plafonnier de la Clio était-il allumé ? «Je crois», dit le témoin, alors qu'il l'a affirmé mais seulement trois ans après ses premières déclarations.

La couleur de la Clio ? Grise, avait-il déclaré. Mais sur ce sujet, sa mémoire va lui jouer à nouveau des tours, puisqu'il parle ensuite d'une voiture blanche.

Douze portraits de suspects

«Vous avez dit lors de deux auditions, à six reprises, que la Clio était grise», va tempêter plus tard un des avocats de la défense, Me Guy Debuisson. «Toutes vos déclarations évoluent à l'encontre des intérêts de M. D.», tonne-t-il.

L'avocat s'étonnera aussi que lorsque pendant l'instruction on présentera douze portraits de suspects au témoin, il ne reconnaisse pas parmi eux l'accusé. Mais mardi, personne ne lui a demandé s'il reconnaissait en Laurent D. le chauffeur de la Clio.

L'audition d'autres témoins - le directeur de l'association d'insertion pour laquelle l'accusé travaillait, la secrétaire-comptable, des collègues - n'apportera pas d'éléments supplémentaires, personne ne se souvenant s'il a travaillé le jour de la disparition de Patricia B., âgée de 49 ans.

Dans le box des accusés, Laurent D., qui a toujours clamé son innocence, semble un peu éteint et n'a eu aucune réaction pendant les débats.

Le procès doit s'achever le 29 mars. Mais il a bien failli ne pas avoir lieu : en janvier 2018, l'avocat général de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse avait estimé qu'il n'y avait pas, dans le dossier, les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises. Ce réquisitoire avait été infirmé par la chambre de l'instruction.

(AFP)

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