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Un ancien ministre jugé pour viols

L'ancien secrétaire d'Etat français Georges Tron a comparu ce mardi pour des accusations de viols en réunion. Il se dit «totalement innocent».

L'ex-secrétaire d'État Georges Tron, accusé de viols par deux anciennes employées de sa mairie de Draveil (Essonne) s'est une nouvelle fois dit «totalement innocent» mardi au premier jour de son procès devant les assises de Seine-Saint-Denis.

Il comparaît au côté de son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, âgée de 61 ans comme lui. Jugés pour agressions sexuelles et viols en réunion, ils risquent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

Virginie Ettel et Eva Loubrieu, âgées aujourd'hui de 41 et 44 ans, affirment que la passion assumée de l'élu pour la réflexologie plantaire était le point de départ d'attouchements et de pénétrations digitales, avec ou sans Brigitte Gruel.

«J'ai toujours dit que j'étais totalement innocent, je n'ai jamais été violent envers qui que ce soit», a déclaré Georges Tron, qui s'est dit «profondément touché, blessé». L'audience a été suspendue dans la foulée et reprendra mercredi.

«C'est un enfer depuis sept ans», avait dit un peu plus tôt son ancienne adjointe. «J'ai été la proie de vengeances professionnelles, personnelles, de jalousie. (...) Tout ça a été orchestré par les deux plaignantes (...) et des ennemis politiques», a ajouté Brigitte Gruel, citant le «Front national».

L'atmosphère était sensiblement moins électrique qu'en décembre 2017, quand l'ouverture du procès avait donné lieu aux premières passes d'armes. L'affaire devait alors être jugée pendant neuf jours mais avait été renvoyée au soir du quatrième. D'incident en incident, les débats avaient pris du retard et le président de la cour avait fini par reporter le procès.

Il avait été mis en difficulté par le conseil de l'accusé, Éric Dupond-Moretti, qui avait révélé en pleine audience que le magistrat avait confié à des avocats qu'il aurait préféré «que ce soit une femme qui préside».

Le contexte avait accentué la fébrilité des échanges, quelques semaines après le début de l'onde de choc mondiale née des accusations contre Harvey Weinstein, suivie d'une vague de libération de la parole des femmes.

Mardi, Éric Dupond-Moretti a estimé devant la presse que le procès se déroulerait dans le «calme», la «sérénité», et permettrait de révéler les «mensonges» et les «contradictions» des plaignantes.

Le palais de justice n'est «pas l'endroit où l'on exerce des luttes militantes», a-t-il également déclaré.

Procès délocalisé

Le procès repart de zéro, avec une durée sensiblement allongée afin d'entendre cinquante-cinq témoins et huit experts. Le tout doit durer jusqu'au 16 novembre.

La tenue d'un procès avait été décidée en 2014 par la cour d'appel de Paris, à contre-courant du non-lieu prononcé un an plus tôt par des juges d'instruction.

La cour d'appel avait souligné que cinq autres femmes avaient décrit dans les mêmes termes que les plaignantes les pratiques sexuelles de l'édile, seul ou avec son adjointe.

Elle avait également considéré que les «dénégations absolues» des deux élus «suggèrent une volonté de dissimulation de leurs moeurs qui n'est pas en faveur de leur sincérité». Il avait été décidé que le procès se déroulerait en dehors du fief de la banlieue parisienne où Georges Tron est solidement implanté : maire de Draveil (30'000 habitants) depuis 1995, conseiller départemental LR (droite) et ancien député (1993-2010, 2011-2012).

L'élu a toujours dit qu'il était victime d'un «complot» de l'opposition locale d'extrême droite. Il vise en particulier Philippe Olivier, beau-frère de la présidente du Rassemblement national (ex-FN) Marine Le Pen.

(AFP)

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