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Condamné à 5 ans de prison pour un tweet

Un blogueur russe a été condamné à 5 ans de prison à Moscou. Il avait publié sur Twitter un post appelant à s'en prendre aux enfants des forces de sécurité.

Le message avait été publié en pleine vague de manifestations contre l'éviction des candidats de l'opposition aux élections locales de Moscou, le 8 septembre.
Le message avait été publié en pleine vague de manifestations contre l'éviction des candidats de l'opposition aux élections locales de Moscou, le 8 septembre.
photo d'illustration, AFP

Un tribunal de Moscou a confirmé vendredi en appel la peine d'un blogueur condamné à 5 ans de prison pour un tweet suggérant de s'en prendre aux enfants de policiers, au plus fort d'un mouvement de contestation électorale fermement réprimé.

Vladislav S., 30 ans, avait posté fin juillet un message sur Twitter où il appelait «à des actes illégaux de nature violente envers les enfants des forces de l'ordre», selon les enquêteurs russes.

Placé en détention début août, il avait été condamné le 3 septembre pour «incitation à la haine» en vertu d'une loi critiquée visant à lutter contre «l'extrémisme».

Le tweet en question appelait à «étudier la géolocalisation» des photos de famille des policiers sur internet. «Puis, un jour, l'enfant du vaillant défenseur de l'ordre ne rentre pas de l'école. Et à la place, on reçoit par la poste un CD avec une vidéo snuff movie dessus». Un «snuff movie» contient des images de meurtre ou violences extrêmes, possiblement réels, sur des personnes.

Liberté d'expression

Lors de l'examen de son appel, Vladislav S., originaire de la région de Moscou, a une nouvelle fois clamé son innocence au nom de la liberté d'expression. Reconnaissant une «provocation grossière», il ne souhaitait selon lui inciter personne à agir et son message ne s'adressait qu'à un seul utilisateur.

Ses avocats, qui ont dénoncé une condamnation «injuste et inhumaine», demandaient une peine sans emprisonnement.

Le message avait été publié en pleine vague de manifestations contre l'éviction des candidats de l'opposition aux élections locales de Moscou, le 8 septembre, marquées par le revers des candidats pro-Kremlin.

2700 interpellations

La majorité des meetings n'ayant pas été autorisés, ils s'étaient soldés par environ 2700 interpellations et des cas de violences policières.

A l'heure actuelle, cinq de ces manifestants ont été condamnés à des peines allant de 2 à 4 ans de prison pour «violences» ou «violation des règles de manifestation».

Selon l'organisation indépendante Agora, une vingtaine de personnes ont reçu des peines de prison pour des publications sur internet en Russie en 2018, et 43 en 2017.

(AFP)

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