Le «pousseur» schizophrène condamné à 16 ans de prison

Transports publics parisiensLa cour d'assises de Paris a condamné à 16 ans de réclusion un trentenaire qui avait, lors d’«un vrai délire paranoïaque», tué un homme en le poussant contre une rame de RER.

Une rame du RER, à Paris.

Une rame du RER, à Paris. Image: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION/AFP

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Le «pousseur du RER» a été condamné jeudi soir par la cour d'assises de Paris à 16 ans de réclusion criminelle. Ce trentenaire avait tué un homme en le poussant contre une rame.

Comme l'attestent les enregistrements de vidéosurveillance et ses propres déclarations, l’accusé avait donné un coup de pied dans le dos d'un voyageur qui attendait sur le quai de la ligne A du RER, à la station Gare de Lyon à Paris, le 2 avril 2010 peu avant 6 heures du matin.

Projeté contre la rame qui entrait en gare, la victime, un agent de nettoyage de 51 ans, qui partait travailler, était morte sur place.

Diagnostiqué comme « schizophrène»

Suivi pour troubles psychiatriques, l’accusé était diagnostiqué depuis cinq ans au moment du drame comme souffrant de schizophrénie.

L'avocat de l'accusé, Me Pierre Lumbroso, a cherché à démontrer que son client n'avait «pas l'intention de donner la mort». Il a rappelé qu'environ trois mois avant le drame, en janvier 2010, l’accusé avait arrêté son traitement, une injection mensuelle qui lui était administrée au dispensaire de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), où il logeait chez sa mère.

De son côté, le procureur a, au contraire, estimé que l’accusé était coupable de «faits odieux par leur brutalité, leur sauvagerie, leur gratuité». Pour le représentant du Parquet, cet homicide est bien un acte «volontaire»: «Quand vous poussez quelqu'un qui est à 1,50 mètre d'un monstre de ferraille qui arrive à 70 km/h, il y a des chances que la personne décède!»

Demande d’internement rejetée

Dix jours avant le drame, la mère du coupable avait demandé au psychiatre qui suivait son fils de l'interner mais le médecin avait refusé. «Sa mère et son frère sentaient monter la violence en lui», selon l'enquête de personnalité, a souligné l’avocat de l’accusé.

Les experts psychiatriques, qui avaient examiné l’accusé pendant l'instruction, ont conclu à une «altération» de son discernement mais pas à une «abolition» qui aurait entraîné son irresponsabilité pénale.

Un «acte complètement irrationnel»

C'est dans «un vrai délire paranoïaque» qu'il a commis cet «acte complètement irrationnel», alors que «quand il est sous traitement, il n'a aucune tendance à la violence», a plaidé son avocat.

La peine de 16 ans de prison infligée à l’accusé est assortie d'un suivi socio-judiciaire de 15 ans, comportant une obligation de soins. S'il ne respectait pas les obligations de son suivi, qui prendra effet quand il aura purgé sa peine, le condamné retournerait en prison pour cinq ans au maximum, a décidé la cour. La peine est conforme aux réquisitions du Parquet.

Créé: 14.12.2012, 11h26

Présentation du procès en images

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