Un vulgaire tweet suffit à Trump pour virer son secrétaire d’État

États-UnisEn désaccord permanent avec lui, le président s’est finalement débarrassé de Rex Tillerson. Mike Pompeo, le patron de la CIA, le remplace.

Ancien patron du géant pétrolier ExxonMobil, Rex Tillerson (à g.) n’a jamais été sur la même longueur d’onde que le président Trump, contrairement à son successeur, Mike Pompeo, vrai fan du milliardaire new-yorkais.

Ancien patron du géant pétrolier ExxonMobil, Rex Tillerson (à g.) n’a jamais été sur la même longueur d’onde que le président Trump, contrairement à son successeur, Mike Pompeo, vrai fan du milliardaire new-yorkais. Image: Keystone

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«Je pense que Rex sera bien plus heureux désormais.» Peu après avoir annoncé sur Twitter le renvoi de son secrétaire d’État Rex Tillerson, Donald Trump a présenté sa décision comme un soulagement pour l’homme qu’il a mis à la porte. «Nous ne pensons pas vraiment la même chose», a précisé le président des États-Unis à propos de ses désaccords avec son ex-chef de la diplomatie. Cet aveu tranche avec le regard que Donald Trump porte sur Mike Pompeo, l’homme à qui il a confié le poste de Rex Tillerson. «Avec Mike Pompeo, nous avons les mêmes idées.»

Un faucon venu du Kansas

Mike Pompeo a un style et une approche radicalement différents de ceux de Rex Tillerson. L’ancien représentant ultraconservateur du Kansas, qui avait été nommé l’année dernière à la tête de la CIA, est un faucon en matière de politique étrangère alors que Tillerson était considéré comme plutôt modéré. Le chef des services secrets américains, âgé de 54 ans, n’a jamais caché son rejet de l’accord nucléaire conclu en 2015 par l’administration Obama avec l’Iran. Rex Tillerson s’était lui prononcé en faveur du maintien de cet accord que Donald Trump a finalement décidé d’affaiblir l’année dernière.

Mike Pompeo n’a jamais caché non plus son admiration pour Donald Trump, assurant notamment que le président pose des questions «pointues» lorsqu’il évalue les informations que lui donnent les services secrets américains. Rex Tillerson avait, lui, défrayé la chronique en traitant apparemment le président d’«imbécile» le 20 juillet à l’issue d’une réunion avec des responsables du Pentagone et de la Maison-Blanche. L’insulte avait été révélée par NBC News en octobre dernier, quelques jours après que Donald Trump s’était moqué des efforts de son secrétaire d’État pour tenter de négocier une sortie de la crise nucléaire avec la Corée du Nord.

«Rexit» attendu

À cette époque, Donald Trump avait assuré ne pas croire que Rex Tillerson ait pu tenir de tels propos à son encontre, mais avait tout de même suggéré de faire une comparaison de Q.I. entre celui de Rex Tillerson et le sien. À partir de ce moment-là, le chef de la diplomatie américaine s’était retrouvé sur une voie sans issue. Ces derniers mois, les tensions entre le président et le secrétaire d’État étaient devenues si évidentes que son départ apparaissait inéluctable et avait été surnommé «Rexit», en référence au Brexit britannique. Rex Tillerson était d’ailleurs en tournée en Afrique la semaine dernière et n’était visiblement pas au courant des intentions de Donald Trump lorsque celui-ci avait annoncé sa volonté de rencontrer le dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

Rex Tillerson avait l’air visiblement affecté mardi après-midi au moment d’annoncer son départ. Il a remercié les diplomates avec lesquels il a collaboré mais n’a pas loué Donald Trump. Il a aussi mis en garde contre le «comportement troublant du gouvernement russe». «La Russie doit évaluer avec soin jusqu’à quel point ses actions sont dans l’intérêt de ses citoyens», a-t-il martelé avant de mettre Moscou en garde contre le risque d’«isolement». Un peu plus tôt dans la journée, Moscou avait commenté le renvoi de Tillerson avec une pointe d’ironie. «Personne n’a encore accusé la Russie d’être responsable des changements de poste à Washington?» avait glissé à l’AFP la porte-parole du Ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova.

Le remaniement au Département d’État a éclipsé le renvoi d’un autre membre de l’administration Trump. Selon le New York Times, John McEntee, l’assistant personnel du président, a été escorté lundi jusqu’à la sortie de la Maison-Blanche après avoir perdu son accréditation l’autorisant à entrer dans le bâtiment. L’administration Trump n’a pas encore donné d’explications sur les raisons de ce départ, mais John McEntee, lui, a déjà rebondi. Il va rejoindre l’équipe de campagne qui œuvre pour la réélection de Donald Trump en 2020.

Une femme à la CIA

Last but not least, Donald Trump a nommé la No 2 de la CIA, Gina Haspel, à la tête de l’agence. Avant même d’être confirmée par le Sénat, la première directrice de la centrale fait l’objet de critiques, notamment du sénateur John McCain, pour ses activités passées au sein du programme de torture de la CIA.

(TDG)

Créé: 13.03.2018, 22h10

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