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Valls monte au créneau pour dénouer le conflit à Air France

Le premier ministre français a demandé de trancher rapidement sur le sort de la filiale low cost Transavia, au centre du conflit. Dans la foulée, la direction d'Air France a confirmé la reprise des négociations avec les syndicats.

Manifestation de pilotes d'Air France à Paris.
Manifestation de pilotes d'Air France à Paris.
AFP

Au dixième jour de grève, la direction d'Air France a annoncé ce mercredi 24 septembre la reprise des négociations avec les pilotes pour sortir de la crise et le premier ministre Manuel Valls est monté au créneau pour demander de trancher sur le sort de la filiale low cost Transavia, au centre du conflit.

La direction d'Air France a confirmé une reprise des discussions «dans un souci d'arriver à une résolution rapide du conflit», en réponse à une demande du SNPL, principal syndicat de pilotes, qui réclamait une réunion dans la journée.

Un porte-parole de la compagnie interrogé par l'AFP n'a pas précisé quand les pourparlers pourraient intervenir effectivement. Peu auparavant, le SNPL avait fait état de deux propositions de réunions jeudi et vendredi, un objectif à ses yeux «trop lointain».

La grève est entrée mercredi dans son dixième jour, égalant le record du plus long conflit jamais mené par les pilotes d'Air France en 1998.

Cacophonie ambiante

Le mouvement cloue au sol depuis le 15 septembre plus de la moitié des avions de la compagnie, une situation appelée à perdurer jeudi, la direction tablant sur un trafic de nouveau assuré à seulement 47%.

Le premier ministre français Manuel Valls est de nouveau monté au créneau mercredi, appelant à «trouver une solution dans les heures qui viennent» et trancher le sort du projet au coeur du conflit: l'expansion en Europe de la filiale à bas coûts Transavia.

«Si l'abandon ou le report du projet Transavia en Europe permet de trouver une solution à la crise, c'est la bonne solution (...) Il ne doit pas y avoir de surenchère de part et d'autre», a déclaré Manuel Valls.

L'Etat français est actionnaire à près de 16% du groupe Air France-KLM, numéro deux européen du transport aérien derrière la Lufthansa allemande.

La sortie du premier ministre visait à mettre un terme à la cacophonie ambiante entre le gouvernement et la compagnie, après des déclarations du secrétaire d'Etat aux transports, Alain Vidalies affirmant que le projet Transavia Europe était «abandonné par la direction».

Danger pour la compagnie

Ces propos, en début de journée, avaient été démentis ensuite par la compagnie. «Aucun changement dans les négociations ne permet d'affirmer que ce projet est retiré», a assuré un porte-parole. Le patron d'Air France, Frédéric Gagey, a ensuite précisé qu'avait été seulement «retirée» «l'idée de créer maintenant ces filiales».

Mardi, Manuel Valls avait stigmatisé une grève sans «aucune raison» représentant «un vrai danger pour la compagnie», qui estime ses pertes liées à 15 ou 20 millions d'euros (jusqu'à 24 millions de francs) par jour.

Dans certains aéroports, la situation s'est encore détériorée: à Nice, le nombre des vols annulés a atteint 60% mercredi, à Toulouse 70%.

Au niveau national, la mobilisation repart à la hausse chez les pilotes avec un pourcentage de grévistes attendu par la direction à 62% jeudi, contre 57% mardi et 52% mercredi.

Contre la grève

Air France recommande à ses clients ayant réservé un vol d'ici au 30 septembre de reporter leur voyage ou de changer leur billet sans frais.

Le SNPL, héraut de la contestation, a étendu son préavis de grève jusqu'à cette date. Des préavis de deux autres syndicats courent jusqu'à vendredi.

Au lendemain d'un rassemblement qui a réuni entre 200 et 300 pilotes à Paris, une contre-manifestation pour soutenir la direction a mobilisé entre 500 et 600 salariés de la compagnie.

«Les pilotes au boulot! Non à la grève!», ont scandé les participants, des personnels au sol et d'escale, agents de maintenance, techniciens, quelques pilotes et des commerciaux de l'entreprise.

Les syndicats d'Air France rejettent le développement de Transavia Europe par crainte qu'il ne débouche sur une compagnie à bas coût paneuropéenne imposant à ses pilotes des contrats de statut local, avec, selon eux, un risque de «dumping social».

«Mauvais signal» pour la compagnie aux yeux des économistes, la grève inquiète aussi le patronat français, pour qui le mouvement «ne contribue pas, dans une période éminemment difficile, à restaurer l'image du pays».

(afp-ats)

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