La vague Zelensky déferle sur le parlement ukrainien

ScrutinLes électeurs persistent et signent aux législatives de dimanche, en Ukraine. Ils soutiennent largement le parti de leur président.

Les élections de dimanche viennent consolider le pouvoir du nouveau président Volodymyr Zelensky.

Les élections de dimanche viennent consolider le pouvoir du nouveau président Volodymyr Zelensky. Image: FRANKO /Keystone

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«Les membres du parti, de mon équipe, vous pouvez vous détendre ce soir. Vous l’avez bien mérité. Mais dès demain, on se remet au travail!» Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, voit en la victoire de sa formation – le Serviteur du peuple – aux élections législatives anticipées de dimanche une «marque de confiance, mais aussi une grande responsabilité». L’ex-humoriste de 41 ans se présente donc comme un réformateur pressé, tout en gardant son air décontracté déjà légendaire. En baskets et en chemise sortie du pantalon, sans cravate, dans son QG de campagne, il promet de «ne pas laisser tomber les Ukrainiens».

Au terme d’un scrutin remarquablement calme, marqué par une participation inférieure à 50%, lui et son parti manquent la majorité de peu, avec environ 43% de soutien, selon des chiffres provisoires. C’est néanmoins suffisant pour s’atteler à ses priorités: mettre fin à la guerre dans l’Est, obtenir la libération des détenus politiques et des prisonniers de guerre actuellement en Russie et «vaincre la corruption, qui a déjà suffisamment nui à notre pays». L’Ukraine étant une république parlementaire, le président a des prérogatives très limitées. Il promet de nombreux projets de loi dès l’investiture du nouveau parlement, par exemple pour lever l’immunité parlementaire des élus. Une manière de «remettre de l’ordre» dans la politique.

Le décompte des résultats doit encore s’étaler sur plusieurs jours, mais il est déjà clair que quatre autres partis ont dépassé la barre des 5% pour entrer au parlement: le parti prorusse «Plateforme d’opposition - Pour la vie», Solidarité européenne, de l’ancien président conservateur Petro Porochenko, Patrie, de l’infatigable ancienne première ministre Ioulia Timochenko, et le tout nouveau parti Golos, traduit par «Voix» ou «Vote», de la rockstar Sviatoslav Vakartchouk. Aux résultats du scrutin proportionnel s’ajouteront ceux des circonscriptions majoritaires, qui décident de la moitié des 424 députés en vertu d’un système électoral mixte.

L’identité de ces élus influera sur l’équilibre des forces dans l’hémicycle, mais selon toute vraisemblance, le Serviteur du peuple ne peut gouverner seul. Volodymyr Zelensky a d’ores et déjà appelé Sviatoslav Vakartchouk, défenseur de nombreux principes promus par le président, à des négociations en vue de former une coalition. Ioulia Timochenko s’est aussi annoncée prête à des pourparlers. Mais le chef de l’État a été très clair: le prochain premier ministre doit être «un bon économiste, indépendant, qui n’aurait pas déjà servi comme premier ministre, président de l’assemblée ou chef de groupe parlementaire». Au titre d’un «dégagisme» qui lui a assuré la victoire, le comédien président serait donc plus enclin à traiter avec le chanteur député.

L’occasion est inespérée pour Golos, un parti qui n’existait pas il y a encore trois mois et qui a mené une campagne a minima après avoir refusé des soutiens financiers opaques. Pour le numéro 7 du parti et ancien directeur de l’ONG Transparency International, Yaroslav Iourtchishyn, les négociations doivent porter d’abord et avant tout sur un projet de «dé-oligarquisation» de l’économie. Une condition qui pourrait en froisser certains au sein du Serviteur du peuple, liés au sulfureux oligarque Ihor Kolomoïsky.

«Les élus sont des personnes excessivement différentes les unes des autres, même au sein du parti présidentiel», s’inquiète la sociologue Iryna Bekeshkyna en analysant les résultats. «Opérer une coalition pendant cinq ans, c’est un véritable défi.» Il est pourtant d’ores et déjà évident que l’opposition prorusse l’attend en embuscade et que ses électeurs ne lui pardonneraient aucun échec.

Créé: 21.07.2019, 23h00

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