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Après LampedusaL'UE se penche sur sa politique d'immigration

Près d'une année après le drame de Lampedusa, l'Union européenne (UE) se demande toujours comment maîtriser le flux de migrants qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie.

L'Union européenne se penche sur sa politique d'immigration, un après le drame de Lampedusa
L'Union européenne se penche sur sa politique d'immigration, un après le drame de Lampedusa
Keystone

L'Union européenne se penche sur sa politique d'immigration, une année après la tragédie de Lampedusa, qui avait fait 360 morts.

Les ministres européens de l'intérieur réfléchiront à ce sujet ce jeudi 9 octobre à Luxembourg, en présence de Simonetta Sommaruga.

«A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles», a déclaré au cours de l'été la conseillère fédérale. La ministre de la justice considère que les autres États doivent se montrer solidaires avec l'Italie, qui fait face à un nombre élevé de réfugiés.

Le gouvernement italien a lancé l'opération «Mare Nostrum» à la suite de Lampedusa. Cette opération, destinée à sauver des réfugiés traversant la Méditerranée, est menée par la marine et les garde-côte italiens. Rome a demandé et obtenu de l'aide de la part des États-membres de l'UE.

Opération Triton

En novembre, l'Union européenne lancera par ailleurs l'opération Triton. Celle-ci se déroulera sous l'égide de l'Agence européenne pour la gestion des frontières (Frontex), à laquelle participe la Suisse, membre de l'Espace Schengen.

Avec Triton, l'UE manifeste «sa solidarité avec l'Italie, en renforçant son contrôle des frontières et en soutenant ses efforts dans le domaine humanitaire», a indiqué mardi la commissaire aux Affaires intérieures Cecilia Malmström.

Les 28 ont doté l'opération Triton d'un budget mensuel de trois millions d'euros (3,6 millions de francs). Un appel à contributions a été lancé. Il sera discuté jeudi à Luxembourg.

Les limites de Dublin

Triton ne remplacera toutefois pas Mare Nostrum, a souligné Mme Malmström. Il s'agit avant tout «d'aider l'Italie». Cette mise au point est intervenue après l'annonce du ministre italien de l'Intérieur, Angelino Alfano, d'un remplacement de Mare Nostrum par l'opération européenne.

Car le nombre de réfugiés ne fléchit pas: près de 165'000 migrants ont tenté de traverser la Méditerranée dans les neuf premiers mois de l'année, selon l'ONU. Près de 3000 personnes ont trouvé la mort.

Face à cette situation, le système Dublin, responsable dans le domaine de l'asile, montre ses limites. En effet, c'est le pays dans lequel un réfugié dépose sa première demande d'asile qui sera responsable de ce réfugié dans toute l'Europe.

Besoin d'une aide extérieure

Mais l'Italie, confrontée à un afflux de réfugiés, ne parvient à tous les enregistrer, de sorte que lorsque certains immigrés réapparaissent plus tard dans un autre pays, ils ne peuvent plus être renvoyés en direction de la péninsule.

Les 28 ont donc haussé le ton envers l'Italie. La France, l'Allemagne, la Pologne et la Grande-Bretagne se sont plaintes auprès de la Commission européenne.

Simonetta Sommaruga a également envoyé une lettre à Bruxelles à la mi-septembre. Elle demande que l'Italie remplisse pleinement ses obligations dans le cadre de l'accord Dublin et enregistre tous les requérants d'asile.

D'un autre côté, le Conseil fédéral reconnaît que son voisin transalpin se trouve dans une situation difficile, qui ne pourra être maîtrisée sans une aide extérieure.

Clé de répartition

Les autorités helvétiques souhaitent donc fournir de l'aide. Sa forme reste toutefois à définir, alors que la Confédération attend des demandes concrètes de la part de l'Italie. Une aide sous la forme de personnel ou dans le domaine de la logistique est envisageable.

Par ailleurs, plusieurs voix en faveur d'une réforme du système Dublin se sont fait entendre à travers l'Europe. Le Grec Dimitris Avramopoulos, commissaire européen désigné à l'Immigration et aux Affaires intérieures, a estimé lors de ses auditions devant le Parlement européen qu'il fallait réviser les règles de Dublin.

L'Autriche est déjà allée plus loin. Vienne a rédigé un document dans lequel il réclame une clé de répartition pour disséminer les réfugiés au sein des différents États Dublin. Cette proposition, qui ne fait pas l'unanimité, sera elle aussi discutée jeudi à Luxembourg.

ats

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