L’UE fera-t-elle les quatre volontés de Cameron?

Menace de «Brexit»Le premier ministre britannique a dévoilé ses conditions pour garder le Royaume-Uni dans l’Union européenne.

David Cameron

David Cameron Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un an et demi après avoir promis aux Britanniques un référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, David Cameron a enfin indiqué noir sur blanc ses objectifs de réforme de l’Union européenne à ses partenaires européens. La lettre rédigée à l’intention du président du Conseil européen, Donald Tusk, et rendue publique mardi reste néanmoins vague: le premier ministre britannique pourra ainsi crier victoire dans quelques mois, même si ses interlocuteurs ne lui lâchent que quelques miettes… Il a d’ailleurs admis hier que convaincre vingt-sept autres pays serait une «grosse tâche». Avant de se demander: «Est-ce une tâche impossible? Je ne le pense pas une minute.»

Gouvernance économique

Pour commencer, Cameron réclame qu’aucune discrimination ne soit faite entre les pays de la zone euro et ceux ayant gardé leur monnaie nationale. Cela concerne aussi bien la possibilité de joindre ou non l’union bancaire européenne que la non-obligation des pays hors de la zone euro de renflouer les pays touchés par une possible crise financière à l’intérieur de la zone. C’est la demande britannique la moins problématique.

La compétitivité

Londres veut accroître toujours plus le marché unique et limiter la législation qui bloquerait l’expansion commerciale des entreprises européennes. L’objectif est d’accroître la compétitivité de l’UE et sa productivité. Au royaume de la flexibilité et des contrats zéro heure, ce point fait grincer des dents les syndicats britanniques car David Cameron avait très clairement expliqué vouloir réduire les droits des travailleurs, comme notamment les congés payés rendus obligatoires par Bruxelles, et alléger les restrictions liées au licenciement de masse, avant de ne plus communiquer sur le sujet face à la colère de l’opinion publique.

La souveraineté

David Cameron ne veut pas d’une «union toujours plus proche», un principe inclus dans le traité européen. Il désire que cela soit inscrit de «manière formelle, légalement engageante et irréversible». Il veut également «accroître le rôle des parlements nationaux» face au Parlement européen, afin de leur permettre de bloquer une législation non désirée. Là encore, les craintes sont nombreuses. Les Britanniques craignent que leurs dirigeants n’en profitent pour réviser la loi sur les droits de l’homme. Passée en 1998, elle vise à mettre la loi britannique en conformité avec la Convention européenne des droits de l’homme.

L’immigration

Le premier ministre réclame que la liberté de mouvement ne soit pas accordée aux habitants des futurs membres de l’UE. Il veut pouvoir renvoyer plus aisément les fraudeurs et les personnes accusées de mariage blanc pour obtenir une nationalité européenne. Enfin, il veut limiter l’accès des Européens aux allocations sociales des pays tiers. La Commission européenne s’est exprimée très fermement sur la question ce matin concernant «la discrimination directe entre les citoyens européens» créée par la requête britannique. Un point considéré comme «difficile», pour ne pas dire inacceptable.

Lors de son discours prononcé mardi, l’homme fort du Parti conservateur a exprimé une fermeté rare: «Si nous ne pouvons pas obtenir un accord et si les inquiétudes britanniques ne devaient pas rencontrer d’écho, ce qui selon moi n’arrivera pas, alors nous devrons réfléchir si l’UE est faite pour nous. Et comme je l’ai déjà dit, je n’écarte rien.» En clair, il pourrait recommander aux Britanniques de voter en faveur d’un départ de l’UE lors du référendum, qui doit avoir lieu avant la fin de 2017.

Cette fermeté de principe est plus dirigée vers ses électeurs que vers ses interlocuteurs. Les eurosceptiques accusent en effet David Cameron de faiblesse et de ne pas mettre toutes les armes de son côté pour obtenir des concessions de ses partenaires européens. Les négociations, qui commenceront jeudi lors d’une rencontre informelle des dirigeants européens au Luxembourg, s’annoncent tendues.

Créé: 10.11.2015, 18h09

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Mort de Moubarak
Plus...