«Que dire à Trump pour le faire changer d’avis?»

ClimatGreta Thunberg se réjouit des avancées du sommet de Lausanne. L’adolescente va traverser l’Atlantique à la voile pour porter son combat sur le continent américain.

Greta Thunberg est venue à Lausanne assister au sommet Smile For Future.

Greta Thunberg est venue à Lausanne assister au sommet Smile For Future. Image: CHRISTIAN BRUN

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Le sommet Smile For Future à peine achevé, Greta Thunberg va rejoindre ces prochains jours New York et la réunion onusienne sur le climat. Elle traversera en quelques semaines l’Atlantique à bord du voilier du fils de la princesse Caroline de Monaco, Pierre Casiraghi. Avant son départ, la jeune militante écologiste nous a confié ses espoirs sur son voyage.

Quelles sont vos premières impressions de cette semaine à Lausanne?
Nous avons atteint notre but premier, qui était celui d’être ensemble et de former une seule communauté. C’était très intéressant de voir tous ces gens de diverses cultures, de différents pays. Chacun a sa propre langue, sa propre histoire, ses propres expériences. Mais c’était très intéressant de constater que nous tendons vers les mêmes buts, que nous nous soucions des mêmes priorités et que nous voulons accomplir les mêmes choses. Les gens ici à Lausanne ont fait de grandes choses, et je suis surprise du bon niveau des discussions que nous avons eues. Nous avons bien sûr tous nos propres opinions, et d’avoir débouché sur un consensus alors que nous ne nous avions jamais vus avant, c’est une très grande réussite.

Vous partez à New York sur un voilier, c’est votre première traversée de l’Atlantique. Êtes-vous un peu nerveuse?
Bien sûr, je suis un peu nerveuse. Je ne suis pas inquiète pour ma sécurité. L’équipage est professionnel et le bateau est réputé insubmersible (rires). Et mon père m’accompagne, car je suis trop jeune, ainsi qu’un réalisateur. Ce sera difficile d’être isolée aussi longtemps, mais d’un autre côté, c’est aussi bien de rien pouvoir faire, de se reposer, lire.

Quel est votre programme là-bas?
Ce n’est pas encore très précis. Je vais voyager à travers le continent nord-américain et entre octobre et novembre je rejoindrai l’Amérique du Sud pour participer à la COP25 à Santiago, au Chili. Ça, c’est ce qui est prévu, si tout se passe bien.

Allez-vous rencontrer des membres du Congrès aux États-Unis?
Oui, je vais rencontrer des politiciens, je ne sais pas encore de quel parti, j’ai reçu beaucoup d’invitations mais je n’ai pas encore répondu. Les mois d’août et de septembre seront très intenses. J’aimerais garder un maximum de place dans mon agenda pour pouvoir choisir ce que je veux faire.

Allez-vous rencontrer Donald Trump?
Non.

Que lui diriez-vous si vous en aviez l’occasion?
Beaucoup de gens me posent cette question. Et je réponds toujours la même chose. Je pense que je ne lui dirais pas grand-chose. Pourquoi lui parlerais-je? Que pourrais-je lui dire pour le faire changer d’avis? De toute évidence, il n’écoute pas la science et les experts dans ce domaine, donc que pourrais-je lui dire de plus?

Vous traitez vos détracteurs avec ironie. Est-ce parfois difficile d’entendre ces critiques? Cela vous arrive-t-il d’être blessée?
La haine et les moqueries ne me font pas mal, car j’y suis habituée depuis le temps. C’est juste hilarant de voir ces gens. Ils n’ont pas d’arguments, ils essaient juste de nous dénigrer. Aussi longtemps qu’ils se concentrent sur cette méchanceté et sur cette haine, aussi longtemps qu’ils disséminent des mensonges et des théories conspiratrices sur moi, ils n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent. C’est un bon signe je pense.

Vous avez dit plusieurs fois que vous étiez fatiguée, vous avez demandé aux adultes de reprendre le fardeau. Avez-vous parfois envie de tout quitter? De dire, fichez-moi la paix?
Bien sûr, quand trop de gens m’approchent, je dis que j’ai besoin d’être seule pour me relaxer. Mais je ne suis pas fatiguée de ce mouvement. Je pense que ce serait très utile d’avoir plus d’adultes, plus de gens d’autres générations, plus de scientifiques à nos côtés. Pour que les enfants n’aient pas à faire ça tout seuls.

Certains mouvements comme Extinction Rebellion proposent des solutions plus radicales pour se faire entendre. Pensez-vous qu’il faille parfois en passer par là?
Personnellement j’espère que non. Extinction Rebellion est un autre mouvement que Fridays For Future. Nous allons continuer à mener notre mouvement comme nous le faisons actuellement. Nous espérons que les gens vont se rendre compte de la situation à temps et que nous serons capables de réagir à temps.

Créé: 09.08.2019, 16h37

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