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Angela Merkel sous pression après les agressions

De nombreux Allemands accusent les grands médias d'avoir à dessein caché pendant plusieurs jours les événements pour ne pas alimenter le discours anti-migrants.

La police cherche à identifier des centaines d'hommes qui ont agressé des femmes pendant les fêtes du Nouvel An à proximité de la gare de Cologne.
La police cherche à identifier des centaines d'hommes qui ont agressé des femmes pendant les fêtes du Nouvel An à proximité de la gare de Cologne.
Keystone

La chancelière allemande Angela Merkel affronte des critiques redoublées contre sa politique d'ouverture aux réfugiés. Ses détracteurs cherchent désormais à la lier à l'agression d'une centaine de femmes lors du Nouvel An à Cologne, qui a scandalisé l'Allemagne.

L'affaire, à la Une mercredi de tous les médias, complique la tâche de la chancelière en ce début d'année. Elle fait spectaculairement ressurgir les craintes diffuses que suscite dans une partie de l'opinion l'afflux sans précédent de migrants venus de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan et les doutes sur la capacité à les intégrer.

Plus d'une centaine de plaintes ont été enregistrées après les agressions contre des femmes à la Saint-Sylvestre, a indiqué mercredi la police locale à l'AFP.

Sur la défensive, Angela Merkel a affronté en fin d'après-midi en Bavière les foudres de la branche locale de sa famille politique. La CSU l'a invitée de longue date à sa réunion de rentrée pour lui redire à quel point elle juge le cap actuel du gouvernement sur le dossier des réfugiés dangereux pour le pays.

Réduction et ouverture à la fois

Mme Merkel a indiqué qu'elle souhaitait ralentir l'afflux de réfugiés dans l'Union européenne (UE). Elle a toutefois affirmé vouloir maintenir les frontières ouvertes à l'intérieur du bloc communautaire. «Il est très important pour moi de parvenir à la fois à une réduction notable du flux de réfugiés et dans le même temps de préserver la liberté de mouvement des personnes au sein de l'UE».

«Je maintiens mon exigence d'un changement dans tous ses aspects de la politique sur les réfugiés», avait souligné à son arrivée le président de la CSU, Horst Seehofer.

«Si des demandeurs d'asile ou des réfugiés se livrent à de telles agressions» comme à Cologne, «cela doit conduire à la fin immédiate de leur séjour en Allemagne», avait lancé avant lui un de ses adjoints, Andreas Scheuer.

Les autorités ont beau marteler ne disposer à ce stade d'aucun élément montrant que des réfugiés étaient impliqués, les détracteurs de la chancelière se sont engouffrés dans la brèche. Ils arguent de témoignages des victimes évoquant des agresseurs d'apparence «nord-africaine» ou «arabe».

Thèses complotistes

Après ces incidents, «est-ce que l'Allemagne est suffisamment ouverte sur le monde et multicolore pour vous, Madame Merkel?», a lancé Frauke Petry, la responsable du parti populiste Alternative pour l'Allemagne, qui progresse depuis des mois dans les sondages.

Les thèses complotistes fleurissent sur internet et dans les mouvements populistes. Elles accusent les grands médias d'avoir à dessein passé pendant plusieurs jours sous silence les événements de Cologne pour ne pas alimenter le discours anti-migrants.

La police locale elle-même n'a commencé à donner des éléments que lundi, trois jours après le Nouvel An. Elle n'en a révélé toute l'ampleur que mardi. Elle argue que les plaintes des femmes victimes ne sont arrivées que peu à peu, faisant état d'attouchements et de vols par des hommes agissant en bandes. Depuis, les témoignages éclairent les événements de la nuit d'une lumière très crue.

Des actes similaires, mais de bien moindre ampleur, ont aussi été signalés à Hambourg (nord) et Stuttgart (sud-ouest) lors du Réveillon. De son côté, la maire de Cologne faisait l'objet de critiques et quolibets, particulièrement sur Twitter, pour son conseil donné aux femmes de se tenir à bonne distance des inconnus.

Record absolu en 2015

Dans ce contexte, la pression pesant sur Mme Merkel pour fixer une limite au nombre de demandeurs d'asile est appelée à encore croître, d'autant qu'ils continuent malgré le froid à arriver au rythme de plusieurs milliers par jour: il y en a eu 127'320 en décembre, et 1,1 million sur 2015, record absolu, selon des chiffres publiés mercredi par le gouvernement.

(ats)

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