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Le triomphe d’Orbán augmente la pression sur l’Union européenne

La victoire du Fidesz, le parti de l’homme fort de Budapest, met l’Europe au défi de faire respecter la démocratie par ses États membres.

Victoire du Fidesz, le parti populiste et eurosceptique de Viktor Orbán, aux législatives de dimanche en Hongrie.
Victoire du Fidesz, le parti populiste et eurosceptique de Viktor Orbán, aux législatives de dimanche en Hongrie.
Keystone

Les messages de félicitations se sont multipliés, lundi, après la victoire du Fidesz, le parti populiste et eurosceptique de Viktor Orbán, aux législatives de dimanche. Bruxelles n’a pas fait exception. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a expédié un petit mot au premier ministre hongrois.

Ce qui n’a pas empêché un porte-parole de rappeler que «l’Union européenne est une union de démocratie et de valeurs. Défendre ces principes et ces valeurs est le devoir commun de tous les États membres, sans exception.» En Hongrie depuis plus d’une décennie et en Pologne depuis deux ans, les réformes controversées se multiplient: la mise au pas des médias, du système judiciaire, des ONG menace l’État de droit, sans que l’Union européenne ne parvienne à s’y opposer.

Si les politiques d’Orbán ont jusqu’ici été tolérées, c’est parce que le Fidesz fait partie du Parti populaire européen (PPE), majoritaire au Parlement, dont sont issus Angela Merkel et Jean-Claude Juncker. Ce qui n’est pas le cas du parti du Polonais Jaroslaw Kaczynski. «Le Fidesz est protégé par le PPE, qui impose à ses membres une forte discipline de vote», explique Martin Michelot, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors. En dépit de divergences sur la politique migratoire de l’UE – rejetée en Pologne comme en Hongrie.

Le regain de popularité du Fidesz, par rapport aux élections de 2014, donne plus de poids à l’euroscepticisme au sein même des États membres. Parmi les alliés d’Orbán se trouve le nouveau ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, qui a réaffirmé son soutien ce lundi: «J’ai toujours considéré comme mauvaise cette politique d’arrogance et de condescendance vis-à-vis des pays membres.»

Que peut faire Bruxelles? Selon Martin Michelot, «pour la Hongrie, c’est déjà presque trop tard! En Pologne aussi, les institutions européennes ont trop laissé faire.» En décembre, la Commission a déclenché, avec l’aval du Parlement, l’article 7 du traité de l’Union européenne contre Varsovie. Autrement dit, sa bombe nucléaire. Une procédure longue, jamais utilisée, qui peut priver un État de son droit de vote au Conseil.

Veto protecteur

«L’article 7 a surtout des vertus dissuasives, souligne Martin Michelot. Si Bruxelles et Varsovie parviennent à un compromis sur la réforme de la justice, cela sera déjà un succès. Mais l’axe illibéral constitué par la Hongrie et la Pologne, qui se protègent avec leur droit de veto, rend l’article 7 inefficace.» Pour contrer cette solidarité, il faudrait déclencher une même procédure contre les deux États.

Autre solution: taper au portefeuille des membres qui ne respectent pas l’État de droit. Alors que les négociations sur le prochain budget – amputé par le départ du Royaume-Uni – vont commencer, c’est ce que proposent la France et l’Allemagne. «Conditionner l’octroi de fonds structurels offre une vraie marge de manœuvre, estime Martin Michelot. Mais pour éviter un veto, c’est la Cour de justice de l’Union européenne, et non la Commission, qui doit s’en saisir.» La pression serait particulièrement forte sur la Pologne: avec une enveloppe de 82,5 milliards d’euros entre 2014 et 2020, c’est le pays qui reçoit le plus d’argent de l’UE.

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