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Royaume-UniUn vote de défiance organisé contre May

Mercredi soir, la cheffe du gouvernement britannique devra faire face aux parlementaires.

La Première ministre britannique Theresa May a déclaré mercredi qu'elle se battrait «de toutes ses forces» contre le vote de défiance déclenché par des députés de son Parti conservateur. «Je me battrai contre ce vote de toutes mes forces», a-t-elle dit dans une courte allocution devant Downing Street, en affirmant qu'elle était «fermement décidée à finir le travail» de mise en oeuvre du Brexit.

Theresa May joue mercredi son avenir politique avec un vote de défiance organisé à l'initiative de son Parti conservateur, qu'elle s'est mis à dos avec sa décision de reporter le vote au parlement britannique sur l'accord de Brexit.

Possible renversement

Graham Brady, qui préside le Comité 1922, responsable de l'organisation interne des Tories, a annoncé mercredi que le seuil des 48 députés conservateurs, nécessaires pour déclencher ce vote, avait été atteint.

Le vote sera organisé entre 18 heures et 20 heures à la chambre des Communes, a-t-il annoncé. «Les votes seront comptés immédiatement après et le résultat sera annoncé le plus tôt possible dans la soirée», a-t-il ajouté dans une déclaration à la presse. Si au moins 159 députés -sur 316- conservateurs s'expriment contre la Première ministre, celle-ci sera renversée.

Poste «le plus difficile»

Un porte-parole du gouvernement a indiqué à l'AFP que Theresa May devait faire une déclaration dans la matinée devant Downing Street. Plusieurs ministres de son gouvernement lui ont immédiatement apporté leur soutien sur Twitter.

«Le poste de Premier ministre est le plus difficile que l'on puisse imaginer à l'heure actuelle et la dernière chose dont le pays a besoin est une longue et pénible course au leadership», a tweeté le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt.

Le ministre de l'Environnement, Michael Gove, artisan de la campagne du Leave lors du référendum de juin 2016, a dit la «soutenir à 100%» sur le même réseau social. «Elle se bat avec force pour notre pays et personne n'est mieux placé pour faire en sorte que nous mettions en oeuvre la volonté du peuple de quitter l'Union européenne». Le Royaume-Uni doit quitter l'UE le 29 mars 2019.

«Moment opportun»

La dirigeante conservatrice est attendue à partir de 12 heures GMT devant la chambre des Communes pour la séance hebdomadaire de questions au chef du gouvernement, à commencer par celles du leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn.

Mardi, il a exigé que la Première ministre remette l'accord de Brexit «immédiatement» en débat devant le Parlement, affirmant ne rien attendre de la tournée de Mme May dans plusieurs capitales européennes pour essayer d'obtenir des concessions sur ce texte pour lequel elle n'a pas réussi à rassembler une majorité. «Si ce n'est pas le cas, elle devra partir, nous ne pouvons plus tolérer de retard», a-t-il ajouté.

Il a cependant pour le moment refusé de déposer une motion de censure, comme le réclament entre autres le Parti national écossais SNP ou le Parti libéral-démocrate, affirmant «attendre le moment opportun (...) pour nous débarrasser de ce gouvernement».

Fronde interne

Incapable de réunir son Parti conservateur autour de l'accord de sortie de l'Union européenne, conclu fin novembre après 17 mois de difficiles négociations, Theresa May est aussi confrontée à une fronde interne qui aurait pu culminer au cours du vote du texte initialement prévu mardi, et qu'elle a finalement décidé de reporter en catastrophe lundi.

Les Brexiters conservateurs, comme l'allié nord-irlandais de Theresa May, le petit parti unioniste DUP, contestent en particulier la solution dite de «backstop» ou «filet de sécurité» qui doit créer provisoirement un «territoire douanier unique», englobant l'UE et le Royaume-Uni, pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

«Le backstop est une garantie nécessaire pour la population d'Irlande du Nord», a dit Mme May mardi soir à Bruxelles, où elle a rencontré le président du Conseil européen Donald Tusk et celui de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. «Il n'y a pas de deal possible sans backstop», a-t-elle ajouté.

Mais «nous voulons être certains que c'est seulement temporaire. C'est l'assurance que je vais chercher dans les jours qui viennent», a ajouté la Première ministre qui a aussi rencontré la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

«L'UE veut aider»

Mercredi après-midi, elle se rendra à Dublin pour de nouvelles discussions avec son homologue Leo Varadkar, l'un des principaux intéressés sur la question du backstop, avant de retourner à Bruxelles pour un conseil européen tourné sur le Brexit jeudi. A Berlin et Bruxelles, on se refuse «à renégocier l'accord, y compris le filet de sécurité», a souligné Donald Tusk avant de voir Theresa May.

«Il est clair que l'UE à 27 veut aider. La question est de savoir comment», s'est-il interrogé, quelque peu désabusé, dans un tweet.

AFP

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