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Et en même temps, Emmanuel Macron est jésuite

Emmmanuel Macron, en 1990, lors de sa profession de foi à l'école de la Providence à Amiens.
Emmmanuel Macron, en 1990, lors de sa profession de foi à l'école de la Providence à Amiens.

Et si Emmanuel Macron était jésuite? Si, si, on peut présider un pays qui a fait de la laïcité son alpha et son oméga et avoir un substrat d’éducation religieuse. L’intelligentsia française a beaucoup glosé sur le parcours et la formation intellectuelle de son jeune président prodige. Certains le voient imprégné par son passage à la banque Rotschild.

En France, quand on a été banquier, on est forcément marqué, sinon un peu suspect d’être un libéral sauvage. D’autres ont cherché l’inspiration de leur président de la République du côté du philosophe Paul Ricœur, auprès duquel le jeune étudiant Macron effectua divers travaux d’assistanat. D’aucuns voient encore chez lui l’emprise de son épouse, Brigitte. Elle a été son enseignante de théâtre, elle ne peut qu’être la metteure en scène de son action.

«Et en même temps, c’est très jésuite!» C’est à Amiens que la vérité nous a été, évidemment, révélée.

Le directeur de La Providence, l’école privée jésuite où Emmanuel Macron a été scolarisé avant son lycée parisien, est catégorique. Il suffisait donc de demander. Car elle intrigue, cette fameuse expression d’Emmanuel Macron. Elle est d’ailleurs devenue le titre d’une émission de débat politique sur BFM TV. «Et en même temps» est déjà un marqueur de l’année 2017. L’expression n’a cessé d’être disséquée, moquée, autopsiée comme l’illustration verbale du grand écart permanent d’Emmanuel Macron. Voire de sa duplicité.

Et notre thuriféraire de la culture jésuite de nous éclairer. «Et en même temps, ce n’est pas un manque de positionnement mais une recherche d’équilibre. Emmanuel Macron est habité par cela.» Et le directeur de l’école du jeune Emmanuel adolescent de parler comme le ferait l’actuel président de la république. Un «Macron, sort de ce corps!» nous traverse l’esprit à ce moment. On n’a pas osé, de crainte de se faire chapitrer.

Plus sérieusement, dans la démonstration du directeur d’établissement jésuite, il est question d’exigence, de responsabilité, de droits et de devoirs. Mais aussi de pédagogie du risque, qui serait le fondement de l’éducation dispensée dans cette école. Effectivement, les jésuites se distinguent d’autres congrégations religieuses catholiques par la place accordée à la liberté individuelle face à la loi morale.

«Les jésuites apprennent à penser par eux-mêmes. Ils sont anticonformistes et ont la volonté de faire bouger les lignes. C’est bien comme ça qu’il a gagné son élection, non?» Jeu, set et match! Le directeur amiénois a dégainé une casuistique tout sauf retorse – synonyme de jésuite – qui finit de nous convaincre. Emmanuel Macron est jésuite et «en même temps» président de la République.

Oui, jésuite comme le pape François. Mais alors sans les accents gauchistes de Jorge Mario Bergoglio. Car le pape argentin ne cesse de crisper la frange la plus à droite de son Eglise, qui le soupçonne d’avoir été trop «biberonné» de théologie de la libération d’inspiration marxiste en vogue en Amérique du Sud. Jésus ne peut tout de même pas être de gauche? C’est une question à dispute théologique.

En revanche, c’est certain, Emmanuel Macron n’est définitivement pas de gauche, selon la plupart des commentateurs tricolores de ce début de quinquennat. Sans parler de ses plus féroces détracteurs, qu’ils soient marxistes ou identitaires, qui ont excommunié ce président trop habile à leurs yeux, avec ses faux airs d’enfant de chœur.

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