Passer au contenu principal

«Affaire Carlton»Strauss-Kahn nie connaître les principaux accusés

L'ex-patron du FMI a nié devant le tribunal connaître deux des principaux accusés qui comparaissent avec lui dans une affaire de proxénétisme.

Dominique Strauss-Kahn a été relaxé par le Tribunal de Lille. (12 juin 2015)
Dominique Strauss-Kahn a été relaxé par le Tribunal de Lille. (12 juin 2015)
AFP
Dominique Alderweireld, alias «Dodo la Saumure» a aussi été relaxé. Tenancier de maisons closes en Belgique, il était soupçonné  d'avoir envoyé depuis la Belgique des prostituées dans la région lilloise, ainsi qu'à Paris et aux Etats-Unis au profit de Dominique Strauss-Kahn. (Vendredi 12 juin 2015)
Dominique Alderweireld, alias «Dodo la Saumure» a aussi été relaxé. Tenancier de maisons closes en Belgique, il était soupçonné d'avoir envoyé depuis la Belgique des prostituées dans la région lilloise, ainsi qu'à Paris et aux Etats-Unis au profit de Dominique Strauss-Kahn. (Vendredi 12 juin 2015)
Reuters
Dominique Strauss-Kahn, ici lors de l'affaire de New-York en mai 2011, dénonce un acharnement médiatique et dit ignorer le fait que les participantes ait été payées. L'adepte du libertinage ne sera pas fixé sur son sort avant plusieurs semaines.
Dominique Strauss-Kahn, ici lors de l'affaire de New-York en mai 2011, dénonce un acharnement médiatique et dit ignorer le fait que les participantes ait été payées. L'adepte du libertinage ne sera pas fixé sur son sort avant plusieurs semaines.
AFP
1 / 35

Jugé en France dans une affaire de proxénétisme près de quatre ans après la tonitruante affaire du Sofitel de New York, l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn a nié ce lundi 2 février, devant le tribunal, connaître deux des principaux accusés qui comparaissent avec lui.

Appelé brièvement la barre au premier jour du procès pour proxénétisme aggravé qui s'est ouvert à Lille (nord), «DSK» a affirmé n'avoir jamais rencontré le proxénète «Dodo la Saumure» ni René Kojfer, considérés par l'accusation comme les organisateurs de parties fines avec des prostituées auxquelles il aurait participé.

Il a aussi assuré n'être «jamais» allé au Carlton, l'hôtel de luxe de Lille qui a donné son nom à l'affaire parce que René Kojfer, son chargé des relations publiques, est soupçonné d'y avoir fait venir des prostituées.

DSK plutôt détendu

Pendant la première audience consacrée à des questions de procédure, l'ancien numéro un du Fonds monétaire international, qui comparaît avec treize autres prévenus, est apparu les traits marqués, mais détendu, devisant avec son voisin ou pianotant sur son smartphone.

Le procès est entièrement public, les magistrats du tribunal correctionnel de Lille ayant refusé le huis clos partiel réclamé par une des plaignantes avec le soutien du procureur. Le tribunal va entrer dans le vif du sujet mardi matin (à 9h30) avec l'interrogatoire sur le fond de René Kojfer.

Celui de Dominique Strauss-Kahn n'est pas prévu avant le milieu de semaine prochaine. Le procès doit durer au moins trois semaines.

DSK risque gros

Accusé d'être le principal bénéficiaire et instigateur de soirées libertines à Paris et Washington, Dominique Strauss-Kahn, 65 ans, longtemps favori des sondages pour la présidentielle de 2012 en France, risque jusqu'à dix ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende.

Le procureur s'était prononcé pour un abandon des poursuites à son encontre en estimant qu'il n'était qu'un «bénéficiaire» de la prostitution, mais pas un organisateur. Les juges en ont décidé autrement.

Ils ont estimé que DSK ne pouvait ignorer que les femmes qu'on lui présentait lors de parties fines étaient des prostituées rémunérées, et que ces soirées étaient organisées spécialement pour lui, en faisant «le roi de la fête».

Procès très médiatisé

Une salle de presse équipée de quatre écrans géants a été installée au rez-de-chaussée du Palais de justice de Lille pour accueillir quelque 300 journalistes, dont ceux d'une vingtaine de médias étrangers, attirés par le destin hors du commun de celui qui fut, à la tête du FMI, l'un des hommes les plus puissants de la planète.

La défense de Dominique Strauss-Kahn n'a pas varié: il était adepte du libertinage, pas amateur de prostituées, et ignorait la qualité des jeunes femmes participant aux soirées.

«C'est vraiment nous faire croire qu'il est naïf», a rétorqué «Jade», l'une des prostituées interrogées pendant l'enquête, particulièrement sévère contre DSK, selon une source judiciaire.

«Jade» est l'une des deux seules prostituées à s'être portées partie civile dans un premier temps, mais deux autres souhaitent les rejoindre, selon une association qui les soutient.

Carrière anéantie par son obsession

Le goût extrême de cet ancien ministre pour les femmes a déjà anéanti sa carrière politique.

L'affaire du Carlton a commencé parallèlement au scandale de New York, lorsqu'une femme de chambre d'un grand hôtel, le Sofitel, l'a accusé de viol.

Les images de DSK menotté et encadré de policiers tournent alors en boucle dans le monde entier. Le dossier s'achève par un accord financier confidentiel entre DSK et son accusatrice, Nafissatou Diallo.

Jeunes femmes mises à disposition

L'enquête dans le scandale du Carlton avait été ouverte par la police de Lille, sur des renseignements anonymes concernant les fréquentations de l'hôtel et d'un autre établissement de Lille où René Kojfer était soupçonné de faire venir des prostituées pour satisfaire quelques clients.

La surveillance mise en place et les écoutes téléphoniques font sortir peu à peu des noms, dont celui de Dominique Strauss-Kahn, lâché fortuitement au détour d'une conversation.

Les enquêteurs remontent alors un réseau de notables qu'ils soupçonnent de profiter des jeunes femmes mises à leur disposition par le chargé des relations publiques. Parmi eux, David Roquet, un hommes d'affaires, et Fabrice Paszkowski, un entrepreneur spécialisé dans le matériel médical.

De Paris à Washington

Ces derniers font partie d'un cercle amical, libertin, auquel viennent s'ajouter Jean-Christophe Lagarde, un policier, et Dominique Strauss-Kahn.

Selon l'accusation, les quatre hommes se sont retrouvés à l'occasion de plusieurs soirées, dans le nord mais aussi à Paris ou encore à Washington, siège du FMI, où trois voyages ont été organisés alors que DSK dirigeait encore l'institution.

AFP

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.