De Strauss à Seehofer, les Bavarois de la CSU ont toujours pesé en Allemagne

HistoiresAux affaires en Bavière depuis des décennies, la CSU - un parti focalisé sur sa puissante région - a toujours dicté ses conditions à l'Allemagne fédérale.

Provocateur et sanguin, Franz Josef Strauss (1915-1988) était surnommé le «taureau de Bavière» et ses relations avec le gouvernement fédéral étaient explosives.

Provocateur et sanguin, Franz Josef Strauss (1915-1988) était surnommé le «taureau de Bavière» et ses relations avec le gouvernement fédéral étaient explosives.

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Ils portent des culottes de peau mais sont à la pointe de la technologie. Si les Bavarois se veulent les chantres du progrès, ils se veulent toujours dans le respect des traditions. «Être moderne et rester bavarois»: c’est le credo de Markus Söder, le ministre-président de la Bavière qui déteste la capitale: «Ce que je préfère à Berlin, c’est le voyage de retour sur Munich», ironise la tête de liste du Parti conservateur bavarois (CSU) aux élections du 14 octobre en Bavière.

Au pays de BMW, de Porsche et du FC Bayern, les comptes publics sont excédentaires et le taux de chômage quasi nul. Mais les politiciens bavarois souffrent d’une image provinciale qui les empêche de prétendre à un poste de chancelier. «S’ils prenaient le pouvoir, ils ne seraient même pas capables de faire la paix avec l’Autriche», ironisait le président du Parti libéral (FDP) en 2002 lorsqu’un ministre-président de Bavière avait présenté sa candidature.

Les faiseurs de roi

«L’identité de la région est très forte avec une barrière culturelle», confirme Gero Neugebauer, politologue à l’Université libre de Berlin (FU). Néanmoins, leur poids politique au fédéral reste important. Le Parti chrétien-démocrate (CDU), emmené par Angela Merkel, a besoin d’eux à l’Assemblée (Bundestag).

«Leurs scores électoraux (souvent plus de 50%) permettent au camp conservateur d’arriver presque toujours en tête des élections fédérales. En échange, la CDU ne se présente pas en Bavière. Une scission serait dramatique. Le divorce de 1976 entre Franz Josef Strauss et Helmut Kohl n’a duré que trois semaines. Ils sont inséparables!» rappelle Gero Neugebauer.

Personne à sa droite

La CSU se définit comme un parti à droite de la droite, comme le proclamait le leader mythique Franz Josef Strauss: «Aucun parti démocratique et légitime ne doit avoir sa place à notre droite.» Or, l’émergence du parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne), qui a réalisé plus de 12% des voix en Bavière lors des élections fédérales de 2017, menace de remettre en cause la majorité absolue de la CSU.

«Nous avons laissé se créer un vide. Il faut le combler», répète depuis des mois Horst Seehofer, le ministre fédéral de l’Intérieur. «Son unique objectif est d’éviter une déroute de la CSU face à la montée de l’extrême droite lors des élections régionales», analyse Gero Neugebauer.

Qui est la copie qui est l'original

Si la CSU le pouvait, elle suivrait la politique migratoire du chancelier autrichien conservateur Sebastian Kurz, qui vient de s’allier avec le parti d’extrême droite à Vienne (FPÖ) pour durcir le droit d’asile. La CSU partage désormais la ligne du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, et surtout celle de Viktor Orbán, le premier ministre hongrois, fondamentalement opposé au principe de solidarité dans la répartition des réfugiés.

Pour le Parti social-démocrate (SPD), membre de la coalition, la CSU cède aux sirènes des mouvements identitaires en Europe. «Le parti doit se décider entre faire une politique sérieuse ou se laisser aller dans le populisme», prévient Lars Klingbeil, le secrétaire général du SPD.

Créé: 02.07.2018, 21h42

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