Le spectre d'autres filières du cheval se dessine

Scandale alimentaireLe scandale de la viande de cheval camouflée en boeuf va bien au delà de la seule entreprise française Spanghero. Pour la 1ère fois, Paris a évoqué jeudi la piste d’autres «filières» impliquées dans cette fraude internationale.

Un morceau de viande cheval préparé par un boucher.

Un morceau de viande cheval préparé par un boucher. Image: AFP

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Deux enquêtes, judiciaire et sanitaire, sont en cours en France sur Spanghero, accusée d’avoir revendu de la viande de cheval en la faisant passer pour du boeuf à des entreprises fabriquant des plats cuisinés pour de grandes marques ou de grands distributeurs.

Les résultats du volet sanitaire seront connus vendredi. La procédure judiciaire, ouverte par le Parquet de Paris, devra déterminer les responsabilités éventuelles, notamment parmi les dirigeants de l’entreprise.

Mais l’organisme français de la répression des fraudes mène parallèlement d’autres investigations discrètes dans la grande distribution, en quête d’autres circuits d’approvisionnement frauduleux.

"Il pourrait (...) apparaître qu’il n’y ait pas qu’une seule filière concernée par cette substitution de viande de cheval en lieu et place de viande de boeuf", a déclaré jeudi le ministre de la Consommation Benoît Hamon, sans attendre les résultats des prélèvements en cours.

«Fraude généralisée»

Son homologue de l’Agriculture Stéphane Le Foll a laissé au placard le conditionnel: "Ce qui s’est passé est une fraude généralisée", a-t-il estimé. "Il y a des enquêtes à l’échelle européenne. Nous avons saisi d’ailleurs Europol parce que nous pensons que tout ça n’est pas simplement un circuit entre ce que vous savez, la Roumanie, les Pays-Bas et la France", a-t-il insisté.

Selon l’organisme de répression des fraudes, "plusieurs entreprises" françaises ont signalé la découverte de cheval dans des produits à base de boeuf, en dehors des 4,5 millions de plats cuisinés fabriqués à partir de viande chevaline achetée par Spanghero puis écoulée sous un faux étiquetage "viande bovine".

Ces plats ont été vendus à au moins 28 entreprises comme Findus et ont atterri dans 13 pays européens avant d’être retirés de la vente.

Les enquêteurs travaillent "à identifier la cause de la présence de viande de cheval et la filière d’approvisionnement concernée" même si, "à ce stade, il n’est pas possible de déterminer dans quelle mesure les différents événements sont liés", a précisé à l’AFP une source de la répression des fraudes.

Les soupçons de fraude à beaucoup plus vaste échelle ont été avivés cette semaine par les retraits de nouveaux plats suspects effectués dans huit pays (France, Portugal, Espagne, Italie, Belgique, Suède, Danemark, Finlande) par le distributeur allemand Lidl et le géant suisse Nestlé.

Numéro un mondial de l’alimentation, Nestlé a retrouvé du cheval dans des préparations destinées notamment à la restauration collective à base de viande achetée à H.J. Schypke, sous-traitant allemand de JBS Toledo, filiale belge du géant brésilien de la transformation du boeuf JBS. Lidl Finlande a évoqué de son côté des soupçons pesant sur la viande de la conserverie allemande Dreistern.

Burgers aux Canaries, kebab à Vienne

Jeudi, la Bulgarie a confirmé l’existence de viande chevaline non-déclarée dans 86 kilos de lasagnes retirées de la vente samedi, sans préciser le distributeur concerné ni l’entreprise de production. Les autorités des îles Canaries ont bloqué par ailleurs une tonne de hamburgers congelés destinés à des hôtels et restaurants après qu’elles se soient rendu compte qu’elle contenait de la viande de cheval

En Roumanie, les autorités sanitaires ont découvert à Bucarest un lot de 100 kilos de viande de cheval étiquetée boeuf et destinée au marché local. Enfin, en Autriche, du cheval s’est même retrouvé dans des kebabs, vendus dans un snack à Vienne.

Hors d’Europe, des lasagnes Findus produites par la société française Comigel, qui s’était approvisionnée auprès de Spanghero ont été retirées de la vente à Hong-Kong. L’affaire de la viande de cheval a fait perdre "plus d’un million d’euros" à la filiale française de Findus, a indiqué jeudi la direction. (afp/nxp)

Créé: 21.02.2013, 19h34

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e groupe Findus, au coeur du scandale sur la viande de cheval découverte dans des plats préparés sensés être au boeuf, a déjà subi des pertes "de plus d’un million d’euros" sur sa filiale française, a indiqué jeudi le directeur général de Findus France.

Ce chiffre ne prend pas en compte le montant des test ADN que le groupe réalise actuellement "sur 100%" de ses produits contenant de la viande de boeuf, indique Matthieu Lambeaux. "Notre premier objectif est de regagner cette confiance des consommateurs" et "nous ferons tout pour rassurer nos clients" explique-t-il.

En plus de l’extension de ses auto-contrôles "avec des audits internes et externes", Findus entend ainsi "reprendre le contrôle de la filière" bovine en raccourcissant sa chaîne d’approvisionnement "afin de passer de l’animal à l’abattoir puis à l’usine sans autre intermédiaire", annonce le responsable de la marque.

Le spectre d'autres filières

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