Vers un sommet extraordinaire sur les migrants, crash-test pour l’UE

Parlement européenLa question de quotas de réfugiés divise. Une épreuve pour l'Europe. Les ONG sont inquiètes d'une inaction coupable.

Le commissaire Dimitris Avramopoulos, mardi, devant le Parlement européen.

Le commissaire Dimitris Avramopoulos, mardi, devant le Parlement européen. Image: EPA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Notre réponse à la crise des migrants va définir notre histoire en tant qu’Européens. C’est un crash-test pour l’Europe», a estimé ce mardi Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen chargé du dossier, lors d’une audition devant le Parlement européen.

Après la réunion des ministres de l’Intérieur la veille, qui n’a pas permis d’aboutir à un accord sur les quotas de réfugiés à répartir entre les vingt-huit pays de l’UE, Berlin et Vienne ont proposé un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement la semaine prochaine sur la crise migratoire. «Le temps presse», a mis en garde la chancelière Angela Merkel à Berlin lors d’une conférence de presse avec son homologue autrichien, Werner Faymann, tandis qu’un nouveau drame s’était produit en Méditerranée, faisant 22 morts, dont quatre enfants. De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations déclarait mardi à Genève «craindre que l’indécision de l’Europe n’entraîne des morts supplémentaires».

La même demande d’une réunion au sommet est aussi venue de Slovaquie, un des pays rétifs à toute idée de quotas. «J’irai à ce sommet avec un mandat clair, celui de ne pas accepter les quotas obligatoires, quelles que soient les circonstances», précisait le premier ministre slovaque, Robert Fico.

Cette annonce intervenait ce mardi, après une matinée de cafouillage en Allemagne. «L’Europe s’est couverte de honte», déclarait le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, à propos de la réunion de Bruxelles la veille au soir. Très remonté, il ajoutait: «Nous devons parler de moyens de pression pour les pays qui refusent les quotas.» Selon lui, ces «pays pourraient se voir amputés d’une partie des fonds structurels européens». Une option qui serait celle du président de la Commission. «Jean-Claude Juncker n’a jamais dit cela», réagissait hier son porte-parole: «La Commission n’est pas pour la punition, elle est pour l’encouragement.»

A son tour, la chancelière allemande contredisait son ministre, estimant que «les menaces ne sont pas le chemin pour arriver à un accord».

A Bruxelles, un représentant de la Hongrie – un pays sur une ligne dure antiquotas et antiréfugiés – ironisait sur cette menace qui n’est pas «la manière la plus intelligente de faire du chantage».

Un bras de fer se prépare donc entre les pays qui sont pour et ceux qui sont contre «les quotas obligatoires et permanents» (voir infographie). «L’Europe n’est plus unie, elle est divisée, et cela provoque d’énormes souffrances» et donne «une terrible image de l’Europe» dans le monde, a fustigé de son côté le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, qui intervenait également devant les parlementaires.

«Une Europe qui accueille les Syriens, c’est quelque chose qui aide à vaincre l’Etat islamique.» Mais «une Europe qui rejette les Syriens, en particulier parce qu’ils sont musulmans, est quelque chose qui aide la propagande de l’Etat islamique», concluait-il.

Créé: 16.09.2015, 09h16

Articles en relation

«Les réfugiés n’ont qu’un but, passer cette frontière»

Hongrie Après la fermeture de la frontière hongroise, les migrants s’agglutinaient mardi à Horgos, côté serbe. Un collaborateur de la Chaîne du Bonheur raconte. Plus...

Les migrants franchissant les barbelés jetés en prison

Hongrie Dès mardi, de nouvelles dispositions antimigrants entrent en vigueur en Hongrie, avec des peines de prison à la clé. Plus...

La course à la générosité dans la «jungle des migrants»

France Depuis la terrible photo d’Aylan, la solidarité avec les réfugiés a bondi. Les humanitaires sur le terrain voient affluer dons et bénévoles, parfois dans une certaine confusion. Reportage à Calais Plus...

L’île de Lesbos «au bord de l’explosion»

Afflux de migrants Il y a vingt mille arrivants sur l’île. Un cinquième de la population. Les autorités grecques prennent enfin la mesure de l’urgence Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...