Après la SNCF, Macron lance un nouveau combat

FranceLa loi SNCF à peine sous toit, le président lance déjà un nouveau combat. Analyse d’une méthode.

Emmanuel Macron, président de la République

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Le choc des dates et le contraste des situations sont frappants. Mercredi, alors qu’à Paris l’Assemblée nationale mettait un point final à la loi sur la SNCF, Emmanuel Macron, lui, devant une salle vibrante à Montpellier, annonçait son prochain combat: la réforme des retraites et la mise à plat des 42 régimes spéciaux actuels. «Une loi sera présentée au début de 2019, a-t-il promis, et elle sera votée au premier semestre», comme s’il ne craignait pas, une fois de plus, de mettre ses opposants devant le fait accompli.

Décidément, ni le rythme ni la méthode ne faiblissent. Pourtant, le discours de Montpellier était attendu comme un possible tournant social, car Emmanuel Macron le prononçait devant le Congrès de la Mutualité, une véritable institution, à la fois acteur majeur dans le domaine de la santé et symbole de solidarité.

Mais le président français a été avare de promesses. Certes, il a pris l’engagement que pour les lunettes, les appareils dentaires et les prothèses auditives, il n’y aurait plus de montant à la charge des patients comme c’est aujourd’hui le cas. C’est à ses yeux une manière d’améliorer la prévention.

En revanche, sur le système d’aide sociale, il ne ménage pas ses critiques et pose la nécessité d’une grande réforme. «Le déterminisme s’est installé: quand on naît pauvre, on le reste», pose-t-il comme diagnostic d’un système qui ne tient pas ses promesses, d’un système qui donne de l’argent aux exclus, mais qui les installe dans la pauvreté plutôt que de les aider à en sortir.

Vidéo choc

Avant le discours solennel de mercredi, Emmanuel Macron avait lâché le même message dans un style plus provocateur: la veille au soir, mardi, son attachée de presse avait diffusé sur les réseaux sociaux une curieuse petite vidéo où l’on voit le président en bras de chemise, comme s’il était filmé à la volée dans son bureau: «On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, s’exclame-t-il, et les gens sont quand même pauvres. On n’en sort pas!»

Cette manière crâne de poser les problèmes, c’est la méthode Macron. Cette façon de lancer un nouveau débat alors que le parlement est encore en train de boucler la réforme de la SNCF, c’est son rythme. Toujours un coup d’avance…

Du coup, mercredi, le débat à l’Assemblée nationale s’est fait devant une salle presque vide, qui ne s’est remplie qu’au moment du vote final: 452 oui, contre 80 non… Aujourd’hui, le Sénat fera de même, à une majorité sans doute encore plus forte.

Pendant ce temps-là, les grèves des cheminots continuent, même si elles s’essoufflent. Mercredi, au 30e jour de la grève perlée, 49% des conducteurs arrêtaient le travail, 12,7% du total des employés de la SNCF. C’est suffisant pour perturber gravement les dessertes, mais cela semble peu pour déclencher un mouvement social.

Depuis trois mois pourtant, c’est ce qu’ont tenté les syndicats. Pendant ce temps-là, au parlement, on amendait la loi. Si les principes ont été maintenus – ouverture du rail français à la concurrence, abolition du statut pour les nouveaux engagés de la SNCF et transformation de la société en SA – le Sénat, notamment, a fait plusieurs pas envers les défenseurs du service public: par exemple un droit de retour à la SNCF pour les employés qui sont passés au privé, des garanties de maintien de certaines lignes régionales ou encore l’engagement dans la loi que la SNCF ne sera pas privatisée.

Mercredi soir, l’intersyndicale des cheminots appelait à poursuivre la grève jusqu’au 28 juin, et à se mobiliser «massivement» ce jour-là. Une manière, peut-être, de finir en beauté…

(TDG)

Créé: 13.06.2018, 23h10

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