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On a retrouvé le vote ouvrier chez Marine

Marine Le Pen largement en tête parmi les classes populaires. La radiographie du vote ouvrier, analysée par l’institut Ifop en cette fin mars, est sans ambiguïté et rend inutile les prudences habituelles en lien avec la marge d’erreur. 43% des ouvriers interrogés disent vouloir voter Marine Le Pen lors de la prochaine présidentielle. Suit Emmanuel Macron à 17%, Jean-Luc Mélenchon à 15,5%, Benoît Hamon à 12%, François Fillon pointe à 8%, et les candidats d’extrême gauche (Nathalie Arthaud et Philippe Poutou) font à eux deux un tout petit 2,5%.

Etonnant! Non le vote FN, mais la désagrégation des autres parmi ces ouvriers qui comptent encore. On glose sur la désindustrialisation de la France. La statistique range 18% des ménages tricolores dans cette catégorie. Les analystes des scrutins présidentiels s’accordent pour dire qu’on peut difficilement arriver à l’Elysée sans un socle solide dans cet électorat. C’était encore le cas chez François Hollande en 2012, à minima certes, qui avait obtenu 21% du vote ouvrier. Cinq ans plus tard, le représentant du PS ne pèse plus que 12%. L’autre figure majeure de la gauche, Jean-Luc Mélenchon, ne profite pas de la déception du socialisme gouvernemental: il décroît aussi… En 2012, le leader des Insoumis avait engrangé 18% du vote des classes populaires. Il n’est qu’à 15,5% cinq ans plus tard.

Les ouvriers ont donc divorcé avec la gauche sans fracas mais avec détermination. D’ailleurs toutes les gauches «irréconciliables» additionnées font un maigre 47% d’intention de vote. Et pour arriver à ce chiffre, il faut marier Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron! On le concède, cela frise l’exercice de style. Imaginez qu’en 1981, François Mitterrand avait recueilli 66% du vote ouvrier! Vertige d’une inexorable érosion…

A droite aussi, on ne sait plus parler au prolo! Dans la préhistoire de la Ve République, le général de Gaulle disputait au Parti communiste une partie non négligeable du vote des ouvriers: jusqu’à 30%. Plus récemment Jacques Chirac comme Nicolas Sarkozy en 2007 avaient réussi à tirer à eux un large électorat populaire. Celui qui cruellement manque à François Fillon. Le candidat des Républicains fait piètre figure avec son 8% d’électorat ouvrier. C’est beaucoup moins bien que Nicolas Sarkozy qui, encore lors de sa défaite de 2012, engrangeait 14% de vote ouvrier. L’auteur de l’étude Ifop le souligne, et le détail n’est pas moindre, que François Fillon a, parmi les ouvriers, plus perdu d’intentions de vote en décembre (de 20 à 11%) lors de la controverse sur sa réforme de la Sécurité sociale que lors du «Penelopegate». L’affaire ne lui coûte qu’un petit 3%…

A 17%, Emmanuel Macron réalise un résultat honorable alors que son CV de banquier le prédisposerait à se morfondre dans le goulag de l’anticapitalisme. Il n’en est rien… Faut-il croire que son propos sur le progrès – l’ascenseur social – touche davantage que la révolution de Jean-Luc Mélenchon?

Tous restent malgré tout très loin de Marine Le Pen qui en captant 43% du vote ouvrier est la forme contemporaine de ce qu’était le PC des années 1950-60 en France. Du moins dans les intentions de vote. L’explication la plus simple nous vient d’une autre enquête qui montre que 87% des classes populaires demandent la protection face à la globalisation et ses différents avatars: libre-échange, libre circulation, travailleurs détachés.

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