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Qui est Reshat Dibrani, le père de Leonarda?

Entre violences et mensonges, les informations sur le père de Leonarda Dibrani, l'adolescente expulsée de France vers le Kosovo, semblent révéler un passé trouble.

Leonarda voulait rentrer en France avec sa famille.La justice a rejeté ce mardi toutes les requêtes de la famille Dibrani. (28 janvier 2014)
Leonarda voulait rentrer en France avec sa famille.La justice a rejeté ce mardi toutes les requêtes de la famille Dibrani. (28 janvier 2014)
AFP
Leonarda Dibrani, 15 ans, a été expulsée de France le 9 octobre 2013 vers le Kosovo avec sa famille.
Leonarda Dibrani, 15 ans, a été expulsée de France le 9 octobre 2013 vers le Kosovo avec sa famille.
AFP
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui a écourté vendredi 18 octobre son voyage aux Antilles, est au cœur des critiques. Une partie de l'opposition, le parti communiste et l'opinion publique attendent de lui des explications sur l'affaire Leonarda.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui a écourté vendredi 18 octobre son voyage aux Antilles, est au cœur des critiques. Une partie de l'opposition, le parti communiste et l'opinion publique attendent de lui des explications sur l'affaire Leonarda.
AFP
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L’expulsion de Leonarda a causé une vague d’indignation. Interpellée par la police lors d’une sortie scolaire, l’adolescente a été renvoyée avec sa famille au Kosovo après près de cinq ans passés en France. Arrivés à Mitrovica, les Dibrani ne se sentent pas chez eux.

Quelques jours après cette expulsion qui secoue le gouvernement, la presse française a révélé des informations suspectes concernant le père, Reshat Dibrani. Qui est cet homme qui a menti aux autorités et qui semble avoir été violent envers sa famille ?

«Nous avons menti»

Il est en premier lieu question d’abus. Reshat Dibrani a avoué jeudi 17 octobre avoir menti en déclarant que sa famille était kosovare afin d’augmenter ses chances d'obtenir l'asile. D’origine rom, il a expliqué avoir quitté le Kosovo à neuf ans pour s’installer en Italie, puis en France en 2008. Il a ajouté que son épouse, Xhemaili, est née en Italie, ainsi que et cinq de ses enfants, dont Leonarda. Seule sa fille Medina, âgée de 17 mois, est née en France.

«Toute la famille, ma femme et mes enfants, sont nés en Italie. Ils n'ont rien à voir avec le Kosovo. Nous avons menti aux autorités en disant que nous étions du Kosovo», a confié Reshat Dibrani à Reuters.

A l'AFP, il a affirmé avoir brûlé des documents: «J'ai brûlé mon permis de séjour en Italie et celui de ma femme. J'avais demandé la nationalité italienne pour mes enfants, mais on m'a répondu qu'il fallait attendre qu'ils aient 18 ans.» Reshat Dibrani a ajouté avoir décidé de se rendre en France après avoir appris qu'ils pourraient «obtenir des papiers d'identité au bout de dix ans».

La supercherie a été découverte à Mitrovica. Un responsable local a dévoilé à Reuters que les autorités kosovares ne savent pas «quoi faire de cette famille» puisqu’elle «n’est pas du Kosovo».

Comportement violent

Viennent ensuite les accusations de violences. Selon plusieurs sources, la femme de Reshat Dibrani avait déposé une plainte contre lui en début d'année. Celle-ci lui reprochait de battre ses filles, Leonarda et Maria. Selon Le Figaro, les services sociaux avaient demandé le placement des filles dans une famille d'accueil pour leur protection.

Le Huffington Post relate que la mère avait retiré sa plainte quelques temps après puisque les filles avaient discuté avec leur père et avaient accepté de rentrer chez elles.

Depuis Mitrovica, Leonarda est revenue sur ces accusations pour BFMTV : «Il ne m'a frappée que deux fois», a relativisé la jeune fille. Une fois pour être rentrée après le couvre-feu, une autre pour ne pas avoir fait ses devoirs.

Selon la chaîne d'information, les voisins de la famille décrivent le père comme quelqu'un de violent connu pour ses éclats de voix. L'homme leur avait dit que si la police venait frapper à sa porte pour l'obliger à partir, il ferait sauter la maison avec une bouteille de gaz.

Eléments d'intégration

Interrogé par BFMTV, Gérard Guinot, porte-parole du comité de soutien aux sans-papiers de la région, le père faisait des efforts d’intégration: «Il y a deux ans, il attentait les allocations familiales, il n’avait pas envie de travailler. On lui a expliqué que ce n’est pas comme ça que ça marche en France, il a compris, il a assimilé. Il était absolument décidé à bosser.»

Quant aux violences, Gérard Guinot a affirmé à la chaîne que Reshat Dibrani avait fait amende honorable: «Au Kosovo le chef de famille avait le droit de taper sa femme, de taper ses enfants. Il est passé une première fois au tribunal et il n’a plus jamais relevé la main sur ses enfants.»

Gage d’intégration, les enfants Dibrani, étaient scolarisés. Leonarda, 15 ans, fréquentait un établissement de Pontarlier (Doubs) depuis trois ans. Les enseignants avaient d’ailleurs certifié que les enfants avaient un parcours scolaire satisfaisant. Le maire de ville, dont les propos ont été rapportés par Le Parisien, a lui estimé que «les enfants s’étaient intégrés […]. La famille avait établi des liens, mais leur situation était illégale».

Revenir «par tous les moyens»

Leonarda et ses frères et sœurs, qui ne parlent pas albanais, envisagent leur avenir en France. Si leur nationalité italienne est prouvée, ils pourraient avoir le droit de revenir s'installer dans l'Union européenne. Mais si les faits sont avérés, il est probable que le père ne soit plus le bienvenu. Selon Le Figaro, les associations de défense des sans papiers, qui le connaissent bien, Reshat Dibrani «a un peu fait n'importe quoi mais c'était par désespérance».

Resat Dibrani a par ailleurs fait savoir qu'il ne comptait pas rester au Kosovo et qu'il emploierait «tous les moyens» : «Si les autorités ne me permettent pas de revenir en France légalement, je passerai par les forêts avec ma famille.»

Le désarroi de Leonarda

(A.B/afp)

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