La République en marche ne gagnera pas la ville de Paris, ni les municipales non plus...

FranceEmmanuel Macron avait des objectifs élevés pour les municipales. Ses maladresses et la réalité l’ont rendu plus modeste.

Cédric Villani et Benjamin Griveaux (à droite) et se déchirent au lieu de se montrer solidaires. Au grand dam d’Emmanuel Macron.

Cédric Villani et Benjamin Griveaux (à droite) et se déchirent au lieu de se montrer solidaires. Au grand dam d’Emmanuel Macron. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Au lendemain des élections européennes, en mai dernier, l’avenir s’annonçait lumineux pour le parti d’Emmanuel Macron, La République en marche (LREM). Malgré la crise des «gilets jaunes», il avait bien résisté au niveau national (22,4% des voix) et à Paris, il avait franchement cartonné, arrivant en tête avec 33% des voix. La capitale semblait un fruit mûr qu’il suffisait de cueillir et qui serait le symbole de la progression continue des Marcheurs.

Las… Huit mois plus tard, à la veille des élections municipales de la mi-mars, le ciel s’est assombri: Paris est perdu. La concurrence qui a viré à l’aigre entre deux enfants chéris du parti, Benjamin Griveaux et Cédric Villani, rend désormais impossible une victoire qui semblait assurée. Et le cas de Paris n’est pas isolé: à Lyon, Nîmes, Annecy, Besançon ou encore Bordeaux, le scénario se répète de candidats du parti qui se bouffent le nez et qui, lorsque l’un d’eux est investi, refusent de s’effacer.

Dans ces conflits qui minent le parti, Emmanuel Macron peine à faire entendre son autorité. À Paris, après l’investiture de Benjamin Griveaux en juillet, il a laissé Cédric Villani faire planer le suspense tout l’été puis se déclarer candidat en automne sans jamais intervenir. Peut-être était-ce une manière de mettre les deux hommes en concurrence dans l’espoir que les sondages favoriseraient l’un et réduiraient l’autre à la raison.

Rien de cela ne s’est passé. Au contraire, leurs divisions ont favorisé leurs adversaires… Mais le fait est que Cédric Villani a pu voir dans le silence du président une forme d’encouragement. Il le reconnaissait il y a trois mois lors d’une rencontre à son QG de campagne: «Le président ne m’a pas demandé de me retirer, et cela rend pour moi les choses beaucoup plus faciles», confiait-il alors.

Depuis, les choses ont changé: Emmanuel Macron a convoqué Villani dimanche à l’Élysée pour lui demander de se retirer. Il a refusé et, ce mercredi, il sera exclu du parti. Pour avoir géré les choses à contretemps, le président n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. On retrouve la même situation à Biarritz, où deux membres du gouvernement, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, et le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, se battent pour l’investiture. Là encore, le président laisse faire.

Il est vrai que lorsqu’il se mêle d’intervenir, on ne l’écoute pas forcément. À Lyon (seule ville déjà en main de La République en marche), les efforts du président pour répartir la Mairie et la présidence de la Métropole entre les deux candidats Gérard Collomb et David Kimelfeld ont été vains. Kimelfeld reste candidat sauvage et affaiblit la position de Collomb.

Maintenant que Paris est perdu et à part le maintien de Lyon, les Marcheurs ont peu d’espoir de gagner une ville importante. C’est l’autre angoisse du parti: comment éviter une impression de débâcle dans un scrutin où LREM, faute d’implantation locale, est défavorisée?

Là encore, les ambitions étaient élevées et teintées d’optimisme l’été dernier. Emmanuel Macron avait fixé l’objectif d’une liste LREM ou apparentée dans les 1100 villes du pays de plus de 9000 habitants. On en est loin et désormais le but est plus modestement d’arriver à soutenir un candidat dans 700 de ces villes.

Dans une moitié des cas, ce seront des LREM pur sucre, dans l’autre moitié des cas, des maires du Modem, du PS et surtout des Républicains, qui sont jugés compatibles avec les valeurs de La République en marche et qui auront accepté de prendre sur leur liste des conseillers municipaux LREM.

Au bout du compte, le président du parti, Stanislas Guerini, a fixé comme objectif de passer de 2000 conseillers municipaux LREM actuellement à 10'000 en mars, après les élections. Dit comme cela, cela peut paraître impressionnant. Ça l’est un peu moins quand on sait qu’il y a 500'000 conseillers municipaux en France…

Bref, La République en marche ne s’attend pas vraiment à faire un carton lors des municipales. Et prudemment, Emmanuel Macron a relativisé par avance l’importance du scrutin: «Je n’en tirerai pas, de manière automatique, des conséquences nationales», a-t-il relevé il y a deux semaines devant la presse. On ne saurait mieux prendre ses précautions.

Créé: 28.01.2020, 21h55

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

La fin des rentes à vie des conseillers d'Etat est proche
Plus...