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KosovoLe «non» au référendum des Serbes du Kosovo triomphe

Les Serbes du nord du Kosovo ont fait un bras d’honneur à la Serbie et à l’UE lors d’un référendum. Ils ont rejeté le Kosovo indépendant et dénoncent les concessions qui lui sont faites par Belgrade.

Selon les résultats définitifs de référendum, 99,74% des Serbes du nord du Kosovo ont répondu «non» à la question «Acceptez-vous les institutions de la prétendue république du Kosovo installée à Pristina»? Seuls 69 votants ont répondu par «oui», selon la Commission électorale. La participation a été de 75%.

Le scrutin, qui s’est déroulé mardi et mercredi sans incident, n’aura toutefois aucune conséquence juridique. Quelque 35’000 électeurs du nord étaient inscrits sur les listes. Cette région représente 11% du territoire du Kosovo et les Serbes y représentent la majorité écrasante.

«Après ce référendum, il sera totalement clair pour les Kosovars albanais, la communauté internationale et les politiciens de Belgrade que l’ensemble des Serbes du nord ne veulent pas obéir aux institutions de Pristina», prédisait dans la journée Krstimir Pantic, maire de la partie serbe de Kosovska Mitrovica.

Accords arrachés

Ce scrutin a eu lieu à la veille du 4e anniversaire de l’indépendance proclamée par la majorité albanaise, le 17 février 2008, que les Serbes du Kosovo et Belgrade refusent de reconnaître.

A Pristina, le parlement kosovar a adopté une déclaration qualifiant ce référendum de «violation de l’ordre constitutionnel de la République du Kosovo». Le président de Serbie Boris Tadic a pour sa part affirmé qu’il «nuisait aux intérêts de l’Etat» serbe.

L’UE, qui doit se prononcer prochainement sur la demande de Belgrade d’obtenir le statut de candidat à l’adhésion, a aussi critiqué la tenue du scrutin. Le bloc européen exige des progrès dans les pourparlers entre Belgrade et Pristina qu’ils parraine, avant une telle décision. Certains accords ont déjà été arrachés, ce qui déplaît aux Serbes du nord. Un pas de plus vers la sécession

Le responsable gouvernemental serbe Oliver Ivanovic a accusé l’opposition en Serbie, au pouvoir dans trois des quatre municipalités, d’avoir fomenté ce référendum pour ainsi capitaliser lors des législatives en Serbie prévues ce printemps.

L’analyste kosovar Adrian Çollaku constate que le scrutin «confirme l’incapacité de Pristina à asseoir son autorité sur la totalité de son territoire».

«Le scrutin est un pas de plus vers la sécession» de cette partie du Kosovo, a déclaré un autre analyste, Nexhmedin Spahiu. Il représente «la conséquence de la tentative de Pristina d’imposer sa présence aux passages frontaliers avec la Serbie qui échappent à son contrôle».

Violents heurts à la frontière

Suite à cette tentative menée en juillet dernier par des unités spéciales de la police kosovare, des violences avaient éclaté, les Serbes ayant répondu en érigeant des barricades pour s’y opposer.

De violents heurts s’étaient produits à plusieurs reprises. Un policier kosovar avait été tué par balle et des dizaines de manifestants et de soldats de la Force de l’OTAN au Kosovo avaient été blessés.

Sur les quelque 120’000 Serbes vivant au Kosovo (deux millions d’habitants), 40’000 sont dans le nord, région adossée à la Serbie. Ceux du sud vivent dans des enclaves entourées par la majorité albanaise et ne participaient pas à ce scrutin.

ats/afp

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