La presse romande très partagée après le non grec

Revue de presseAu lendemain du non grec au référendum la presse romande critique un «incendie» ou salue à l'inverse le pari gagné de Tsipras.

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«L'incendie grec», «Le peuple grec défie l'Europe», «Le peuple grec oppose un non sec au plan des Européens», les Unes de la presse romande font toutes écho au non de la Grèce lors du référendum de dimanche. Mais les attentes suscitées par ce vote sont variablement appréciées.

«Athènes brûle-t-elle ?» s'interroge l'éditorial du Temps avant de répondre par l'affirmative. «Incendie politique» d'abord, «incendie social» ensuite, «incendie financier» et «incendie communautaire» enfin. Le vocable employé par le journal lémanique évoque le feu à chaque chapitre. «Alexis Tsipras a pris le risque d'attiser les flammes en affirmant que des solutions existent, sans le démontrer», commente Le Temps, qui prend le pari d'un futur Grexit.

Le ton avec Athènes est plus conciliant dans 24 Heures et La Tribune de Genève. «Tsipras a gagné son pari. Et de quelle manière!», s'enthousiasment les deux journaux avant de revenir sur terre: «Les Grecs ont ouvert un nouveau chapitre dans les relations de leur pays avec l'UE et la zone euro. Un chapitre que l'on pourrait intituler 'le saut dans l'inconnu'». Les deux titres observent que la grande perdante du scrutin est la chancelière allemande Angela Merkel.

Boîte de Pandore

Pour Le Quotidien Jurassien, «le raccourci 'non à l'austérité' égale non à l'euro et à l'Europe' conduirait à une sortie de la Grèce de la zone euro, avec l'immense insécurité qui en découlerait tant pour la Grèce que pour l'Europe. C'est le danger de la semaine».

La Liberté s'inquiète de son côté d'une escalade des demandes après le référendum grec. «Comment refermer une telle boîte de Pandore», s'interroge l'analyste du quotidien fribourgeois. Il se demande aussi si «la zone euro ne fait pas fausse route en s'ingérant toujours davantage dans les affaires intérieures des Etats membres».

L'Express de Neuchâtel juge pour sa part le choix des Grecs «courageux». Avec cette nuance: avec ce non, «les Grecs ont paradoxalement confié leur sort... à l'Allemagne».

Enfin dans Le Matin, l'ancien conseiller national vaudois d'origine grecque, Josef Zisyadis, assure que le résultat de dimanche «est une grande leçon pour l'Europe.» Sur l'avenir de la Grèce, il note: «Tsipras voulait trouver un compromis avec l'Union européenne, il n'en était pas très loin d'ailleurs. Mais il voulait obtenir de pouvoir vraiment être entendu et non de subir».

(ats/nxp)

Créé: 06.07.2015, 10h20

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