La présidente Von der Leyen en plein brouillard

EuropeEntre un Brexit encore repoussé et le flou budgétaire, la nouvelle Commission européenne est déjà à la peine.

L’équipe d’Ursula Von der Leyen, présidente élue de la Commission, n’a pas pu prendre ses fonctions le 1er novembre.

L’équipe d’Ursula Von der Leyen, présidente élue de la Commission, n’a pas pu prendre ses fonctions le 1er novembre. Image: Thierry Roge/AFP

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Ce lundi devait marquer un nouveau départ pour l’Europe. La présidente élue de la Commission, Ursula von der Leyen, aurait dû quitter son petit bureau dans une annexe de la Commission et s’installer dans celui de Jean-Claude Juncker, au treizième étage du siège, le Berlaymont. Le Parlement européen aurait dû reprendre ses travaux sans les 73 députés britanniques. Jeudi 31 octobre, date prévue du Brexit et de la fin du mandat de Jean-Claude Juncker, un magnifique ciel clair au-dessus Bruxelles semblait annoncer cette renaissance. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

Les ennuis ont commencé le 10 octobre, au Parlement. Ce jour-là, de sourdes luttes partisanes aboutissaient au renvoi de Sylvie Goulard, celle qu’Emmanuel Macron avait choisie pour s’emparer d’un portefeuille géant, incluant l’industrie, le marché intérieur, le numérique, la défense et l’espace. En la renvoyant sèchement, les démocrates-chrétiens faisaient la démonstration qu’ils ne se laisseraient pas marcher sur les pieds par un président français apparenté à la famille libérale et peu friand des aléas de la vie parlementaire.

L’Élysée veut faire traîner

Le même jour, à Bucarest, le gouvernement tombait, empêchant toute décision sur le choix d’un nouveau commissaire roumain, suite à l’élimination d’une première candidate. Tandis qu’à l’Élysée, on faisait savoir que l’on prendrait son temps pour proposer un remplaçant à Goulard et que la date du 1er novembre prévue pour l’entrée en fonction de l’équipe Von der Leyen était d’ores et déjà «caduque».

On parle à présent d’une mise en place au 1er décembre, mais avec une inconnue de taille: la présence – ou non – d’un commissaire britannique. Puisque le Brexit a été repoussé, le Royaume-Uni reste membre de l’Union jusqu’au 31 janvier 2020. Boris Johnson a dit qu’il était hors de question qu’il en nomme un. Ursula Von der Leyen n’a pas encore fait savoir si elle l’exigerait. Mais que se passera-t-il si Boris Johnson n’est plus premier ministre après les élections du 12 décembre et si le Brexit n’a pas lieu début 2020? «Pas de spéculations», fait pour l’instant savoir la Commission.

Dans le doute, au Parlement, on prépare les auditions des «remplaçants» des commissaires écartés en octobre: Thierry Breton, le grand patron désigné par Emmanuel Macron, et le diplomate hongrois Olivér Várheyi, en attendant des nouvelles de la Roumanie. Des auditions auxquelles prendront part les 73 députés… britanniques, qui étaient censés prendre congé cette semaine. Leurs remplaçants élus en mai, dont 5 Français, autant d’Espagnols, 3 Italiens, 3 Néerlandais, restent l’arme au pied en attendant de savoir si et quand ils commenceront leur nouveau job.

Accaparés par les nominations et les querelles sur le report du Brexit, les Européens prennent aussi du retard sur la négociation du futur budget pluriannuel de l’Union pour la période 2021-2027. Sans savoir si le Royaume-Uni restera ou non au sein de l’Union et contribuera à son budget. Si le Brexit se réalise, il faudra trouver les 12 ou 14 milliards d’euros par an de contribution nette britannique. On en est loin.

Difficile, dans ces conditions, pour la future Commission von der Leyen, de plancher sérieusement sur ses priorités: défense, contrôle des frontières et «Green Deal».

Créé: 01.11.2019, 21h41

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