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Premières révélations sur les causes de l’incendie de Notre-Dame

Un panneau électrique mal monté et un surveillant inexpérimenté: petites causes, grands effets.

Le sinistre à Notre-Dame de Paris aurait été causé par une accumulation de négligences, selon un rapport révélé par «Le Canard enchaîné»
Le sinistre à Notre-Dame de Paris aurait été causé par une accumulation de négligences, selon un rapport révélé par «Le Canard enchaîné»
AP Photo

Les causes de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris ne sont toujours pas élucidées, mais le dernier rapport de la brigade criminelle chargée de l’enquête, révélé par «Le Canard enchaîné» dans son édition de mercredi, donne des précisions sur les pistes envisagées. En l’état actuel des choses, la conclusion la plus formelle écarte toute possibilité d’un attentat ou d’un incendie criminel: aucune trace de produit accélérateur de flammes n’a été trouvée, ni aucun indice d’infraction ou d’intrusion d’une personne extérieure. Cette piste avait été rapidement jugée peu vraisemblable et les éléments matériels prouvent que c’était à raison.

Trois causes possibles sont pour l’instant retenues. La plus vraisemblable concerne un coffret électrique fixé, selon le journal, sur une poutre de la charpente à proximité de l’endroit où le feu s’est déclaré. Il était destiné à l’alimentation de spots et de chargeurs de batteries. Chaque soir, les employés de l’entreprise chargée d’installer les échafaudages en vue de la rénovation de la toiture devaient débrancher ce coffret électrique. Ils l’ont fait le soir du drame, en actionnant des disjoncteurs placés en contrebas, mais une erreur de montage avait rendu ces disjoncteurs inopérants et le coffret électrique était resté sous tension.

Comment cela est-il possible et pourquoi l’erreur de montage n’a-t-elle pas été décelée par une autre entreprise chargée de la vérification de toutes les installations électriques du chantier? Le responsable de ce bureau de contrôle affirme qu’il n’avait pas connaissance du coffret électrique, qui aurait été posé sans qu’il en soit avisé.

Par ailleurs, le dispositif d’actionnement des cloches intéresse également les enquêteurs, car il était lui aussi placé à proximité du départ de l’incendie et il avait alimenté le carillon de la flèche douze minutes avant la première alarme. Or, selon «Le Canard enchaîné», le régisseur général de Notre-Dame n’a pas pu fournir les précisions attendues sur l’entretien et le contrôle de cette installation électrique. Une autre piste, elle aussi apparemment moins vraisemblable mais qui n’est pas écartée, concerne les neuf mégots de cigarettes retrouvés sur le chantier, dont les analyses ADN ont prouvé que cinq d’entre eux avaient été fumés par des employés de l’entreprise d’échafaudages – et cela malgré l’interdiction en raison des règles de sécurité…

En dehors des causes possibles de déclenchement du feu, l’enquête révèle également des circonstances curieuses concernant le PC incendie de la cathédrale. Le jour du drame, l’employé de la société chargée de cette surveillance était en poste pour la première fois, après deux jours de formation, et il était présent depuis 7 h 30 du matin, enchaînant deux vacations qui devaient durer jusqu’à 23 heures. Pour d’obscures questions de rivalité avec le diocèse, les responsables de la Direction des affaires culturelles auraient refusé qu’il soit relevé par un collègue.

Pas de chance: il n’a pas su interpréter le signal d’alarme, a demandé un contrôle du mauvais local; son inexpérience et sa fatigue pourraient expliquer le temps perdu entre la première alarme, à 18 h 18, et l’appel aux pompiers, à 18 h 48. Pendant ce temps, le feu progressait.

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