«Nous pourrions accepter un partenariat douanier»

Royaume-UniTheresa May a précisé vendredi sa vision du rapport entre son pays et l’Union européenne après le Brexit. Interview.

Theresa May, première ministre du Royaume-Uni depuis 2016.

Theresa May, première ministre du Royaume-Uni depuis 2016. Image: Keystone

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Prise entre les feux croisés de Bruxelles, de l’opposition travailliste et de son propre parti conservateur, Theresa May a une nouvelle fois tenté de reprendre la main. La première ministre britannique a rejeté un accord de libre-échange sans barrières douanières semblable à celui entre le Canada et l’Union européenne. Elle n’a pas non plus souhaité suivre le modèle de la Norvège, membre du marché unique mais pas de l’UE. L’équation paraît impossible à résoudre, d’autant plus avec le facteur nord-irlandais: Theresa May ne veut ni d’une frontière «dure» entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, ni d’une barrière douanière entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Il y a un an, vous acceptiez l’idée d’un accord ou d’une union douanière avec l’UE. Pourquoi avoir changé d’avis?

Il y a un an, j’ai dit que le Royaume-Uni devait quitter l’union douanière, et nous n’avons pas changé de position. Certains évoquent le modèle de l’union douanière entre l’UE et la Turquie. Mais cela permettrait à l’UE de fixer les tarifs douaniers du Royaume-Uni ou nous obligerait à approuver la Politique commerciale commune. Ce serait incompatible avec une politique commerciale véritablement indépendante. Dans mon discours (ndlr: ce vendredi), j’ai esquissé deux options. Nous pourrions accepter un partenariat douanier avec l’UE. Les biens arrivant au Royaume-Uni et destinés à l’UE s’acquitteraient des taxes européennes, mais cela nous permettrait de poser nos propres exigences douanières pour les biens destinés au Royaume-Uni. Ou bien nous pourrions souscrire à un accord douanier hautement simplifié avec lequel nous pourrions minimiser les frictions commerciales et prendre en compte les exigences particulières liées à l’Irlande du Nord.

En quoi ce modèle résoudrait-il la question très complexe de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord?

Je ne sous-estime pas un instant les défis que notre sortie de l’UE pose pour cette frontière, et nous avons clairement dit que nous ne reviendrions pas à une frontière «dure». Mais il serait tout aussi inacceptable de fractionner le Royaume-Uni avec une frontière en mer d’Irlande. Cela ne peut être résolu que par l’Irlande ou l’UE, et non par le seul Royaume-Uni. Nous devons travailler ensemble.

Un rapport gouvernemental indique qu’un accord de libre-échange avec l’UE ferait baisser la croissance britannique de 5% en quinze ans. Comment pouvez-vous conduire vos concitoyens vers un tel avenir?

Cette analyse était préliminaire et prenait en compte un accord de libre-échange standard, pas notre relation profonde et spéciale. Ce n’est pas ce que nous voulons pour notre relation future avec l’UE et je crois que nous pourrons faire mieux étant donné notre histoire commune.

Il y a de fortes divisions dans votre parti sur le Brexit. Pourrez-vous les garder sous contrôle ou devrez-vous affronter vos détracteurs?

Il est normal qu’il y ait des avis tranchés sur une question aussi fondamentale pour l’avenir de notre pays. J’ai présenté hier mon engagement à trouver une solution acceptable pour l’ensemble du pays. Je crois que mon approche suscitera la confiance de ceux qui ont voté pour quitter l’UE comme de ceux qui ont voté pour y rester.

Le parlement pourrait-il forcer le gouvernement à organiser un second référendum lorsque les termes de l’accord avec l’UE seront clairs?

Nous avons promis au parlement qu’il pourrait se prononcer sur l’accord final avec l’UE dès que les négociations seraient achevées. Cependant, et j’envoie ce message à vos lecteurs, il n’y aura pas de second référendum. Les Britanniques ont voté pour quitter l’UE et c’est ce que nous ferons le 29 mars 2019. Il est vital pour conserver la confiance du peuple de montrer que nous respectons sa décision, et c’est ce que pense l’écrasante majorité des parlementaires.

Créé: 02.03.2018, 20h34

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