La Pologne tente de calmer le jeu à Bruxelles

Union européenneDonald Tusk, le président du Conseil européen, juge qu’il faut être moins dur avec Varsovie.

Le président polonais Andrzej Duda.

Le président polonais Andrzej Duda. Image: Illustration/EPA

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Le président polonais a lancé lundi à Bruxelles un «appel aux dirigeants européens» pour «prolonger le dialogue dans le calme». Ce «dialogue» concerne deux lois, sur les médias et le tribunal constitutionnel, adoptées récemment à l’initiative du gouvernement nationaliste du parti Droit et Justice (PiS). La Commission européenne a réagi en décidant d’activer le dispositif de «sauvegarde de l’Etat de droit», interrompant par là même plusieurs semaines de «dialogue» infructueux avec Varsovie.

Bruxelles et Varsovie se sont donnés jusqu’à mi-mars – où une commission du Conseil de l’Europe doit rendre son avis – pour tenter de trouver une issue à ce différend qui met en balance les valeurs fondamentales de l’Union européenne – liberté de la presse, protection de la constitution et indépendance de la justice – et ce que le gouvernement du PiS juge être la souveraineté de son pays.

Une certaine fébrilité règne au sein des autorités européennes, divisées sur l’attitude à adopter dans cette affaire. Lundi, le président Duda a dit redouter une «escalade». Il s’exprimait à l’issue d’un entretien avec son compatriote et président du Conseil européen Donald Tusk. Cet ancien opposant du PiS s’est voulu conciliant mais n’a pas caché ses doutes sur l’opportunité d’engager une procédure formelle contre Varsovie. «La Commission agit de bonne foi», a-t-il dit, mais il faut «mettre les choses au clair».

Cette position tranchait cependant avec celle exprimée par le président de la Commission européenne dont la décision de durcir la ligne à l’égard de Varsovie fait débat. «Dire que c’est un problème qui relève uniquement du législateur polonais est totalement faux», avait déclaré la semaine dernière Jean-Claude Juncker. La Commission peut finir par invoquer l’article 7 du traité qui permet de suspendre les droits de vote d’un pays qui serait en infraction avec les valeurs fondamentales de l’Union. Mais elle doit alors obtenir l’accord unanime des chefs d’Etat, ce qui semble peu probable. Ce mardi le sujet sera débattu en plénière au Parlement européen, en présence de la première ministre polonaise Beata Szydlo.

Créé: 18.01.2016, 20h34

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