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Philippot quitte un Front national en voie de «re-radicalisation»

Entre Marine Le Pen et son bras droit, la tension n’a cessé de monter. Le «gaucho-lepénisme» porté par l’ancien numéro 2 du FN a vécu pense le politologue Dominique Reynié. Analyse.

C'est le divorce entre Marine Le Pen et Florian Philippot qui devra quitter le groupe de FN au Parlement européen. Il retrouvera son vieil ennemi Jean-Marie Le Pen sur le banc des «non-inscrits»!
C'est le divorce entre Marine Le Pen et Florian Philippot qui devra quitter le groupe de FN au Parlement européen. Il retrouvera son vieil ennemi Jean-Marie Le Pen sur le banc des «non-inscrits»!
AFP

Florian Philippot ne veut pas être «président à rien». C’est avec cette expression sur le plateau matinal de France 2, que le désormais ex-numéro 2 du FN, a tiré les conséquences de la sanction qui le frappait depuis la veille. Mercredi soir, par communiqué de presse, Marine Le Pen retirait à son plus proche collaborateur politique la délégation qui faisait de lui le rouage essentiel du FN. Epilogue logique d’une crise qui couvait depuis des mois.

«Je n’ai pas le goût du ridicule et je n’ai jamais eu le goût de ne rien faire. Donc je quitte le Front national», ajoute Florian Philippot qui dénonce le «prétexte» de la création de sa propre association «les Patriotes», qu’il présente comme un Think tank. Une double casquette insupportable pour Marine Le Pen qui dirige désormais un «FN nouveau en voie de radicalisation». Soit un «retour en arrière vers ses vieux démons», aurait confié à ses proches Florian Philippot qui était le principal acteur de la «dédiabolisation» du FN.

«La ligne gaucho-lepéniste du FN est en train de s’effacer», analyse Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol – un think tank ancré à droite). La tension au sein du FN entre les différents courants n’a cessé de monter depuis le naufrage de Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux tours de la présidentielle face à Emmanuel Macron. Et c’est Florian Philippot qui est tenu pour responsable d’avoir embarqué sa présidente dans les questions économiques liées à l’Europe plutôt que sur les questions identitaires.

La tendance de fond

«A propos de Marine Le Pen, on oublie de souligner qu’elle a gagné 3 millions d’électeurs lors de l’entre-deux tours. En 2012, elle avait déjà fait un score supérieur à celui de son père et de Bruno Mégret en 2002 réunis. Il y a une tendance de fond du renforcement du FN, malgré les accidents de parcours. Comme le débat», insiste Dominique Reynié.

Le professeur de sciences politiques à Sciences Po insiste d’abord sur le rôle joué par la peur de la sortie de l’euro. Pour lui, cette crainte pèse davantage que l’autoritarisme ou les thèses anti-migratoires du FN. «Les Français, mais les Européens aussi, préfèrent l’euro à l’Europe. L’euro, c’est la valeur de ses biens même si on n’a pas grand-chose. C’est l’erreur de fond de Marine Le Pen, elle a voulu miser sur l’identité – le patrimoine immatériel – et sur le patrimoine matériel, l’économie. Or jouer avec l’euro, c’est le menacer. Et les Français savent qu’un euro vaudra toujours plus qu’un franc. On n’est pas économistes mais on le sait.»

Philippot, combien de divisions?

Et Dominique Reynié de rappeler qu’en 2011, Jean-Marie Le Pen déjà avait rendu attentive sa fille au fait que la sortie de l’euro constituerait une barrière infranchissable. Le prochain congrès du FN aura lieu en 2018, entre «janvier et mars», avertit Marine Le Pen qui dit vouloir «tout changer» et «clarifier la ligne».

La clarification réalisée, Florian Philippot peut devenir le champion d’un nouveau parti «patriote et anti-euro», dont il est difficile de présumer du poids, pense Dominique Reynié. Dans les instances du parti, les «philippostistes» sont rares. Au contraire des conseils régionaux. Mais on est sans doute plus proche d’une aventure personnelle que d’une réelle scission comme en 1998 avec Bruno Mégret.

Relancer la ligne identitaire

En revanche, le politologue Dominique Reynié l’assure, Marine Le Pen peut aisément relancer le parti en s’appuyant sur la ligne contestataire et identitaire. «Immigration, insécurité, islam restent les trois principes de base des populismes européens. Et aucun gouvernement n’est arrivé pour l’instant à donner une réponse satisfaisante pour les gouvernés!» fait-il remarquer.

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