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Patron des Républicains, Wauquiez est furieux

Premier revers pour le nouveau président du parti de la droite française: Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, lui claque la porte au nez. À qui le tour?

Laurent Wauquiez, nouveau patron des Républicains
Laurent Wauquiez, nouveau patron des Républicains
AFP

La joie de Laurent Wauquiez n’a duré que quelques heures. Dimanche, près de 75% des adhérents du parti Les Républicains (LR) l’ont élu à leur tête avec une participation plus importante que prévu (100 000 votants). Et voilà qu’au moment où il lance un vibrant appel pour que sa famille politique se réunisse autour de lui, un dirigeant populaire et influent de la droite, Xavier Bertrand, démissionne à titre définitif du parti LR.

Pire, le président de la région Hauts-de-France (Nord) n’est pas parti en pantoufles! Il a vivement attaqué le positionnement anti-immigration de Wauquiez: «La dérive des Républicains ne me plaît pas. Je n’aime pas cette politique du bouc émissaire.» Deux de ses vice-présidents à la région Hauts-de-France, Franck Dhersin et Philippe Rapeneau, ainsi que le maire de Tourcoing Guillaume Delbar ont également annoncé leur départ de LR. Mais pas la maire de Calais Natacha Bouchart, qui préfère «rester auprès de Laurent (Wauquiez) afin de redresser (le) parti».

Mardi, le nouveau président LR a vertement répliqué: «Il n’est pas acceptable de claquer la porte de sa famille politique dans ces conditions.» La colère est à la mesure de la déception.

Laurent Wauquiez tente aujourd’hui de sortir du piège classique tendu à l’issue des élections internes de la droite française. Les adhérents qui se déplacent aux urnes sont traditionnellement les plus radicaux et partagent nombre d’idées avec le Front national (FN). Pour les séduire, le candidat doit donc se placer sur le terrain frontiste: le rejet de l’immigration, le nationalisme et l’euroscepticisme. Il se constitue ainsi un socle solide. Mais, une fois élu à la tête de la droite, il doit impérativement s’élargir vers le centre libéral et humaniste, s’il veut prétendre devenir président, non pas seulement de LR, mais de la République.

Voilà pourquoi la démission spectaculaire de Xavier Bertrand – qui incarne le gaullisme social et l’opposition sans concession au FN – est une mauvaise nouvelle pour Laurent Wauquiez. D’autant plus que d’autres importantes figures de la droite modérée – Alain Juppé, Christian Estrosi, Jean-Pierre Raffarin, Valérie Pécresse, entre autres – lorgnent vers la sortie, sans pour autant s’y engager. Enfin, pour le moment. Le nouveau parti du centre droit Agir, que vient de créer le député ex-LR Franck Riester, est tout prêt à les accueillir. D’autres anciennes figures du parti LR comme Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Thierry Solère ont carrément rejoint le parti du président Macron, La République en marche! (LREM).

Laurent Wauquiez est jeune, 42 ans, mais sa stratégie semble obsolète. Positionner le parti de la droite de gouvernement sur des positions frontistes avait réussi à Nicolas Sarkozy pour prendre le pouvoir en 2007; il avait siphonné les voix du FN sans perdre celles du centre droit. Mais cette stratégie a échoué avec le même Sarkozy en 2012, puis avec François Fillon en 2017.

Le tsunami de la victoire d’Emmanuel Macron à l’Élysée n’a pas fini de submerger les partis traditionnels. Et si Laurent Wauquiez reste coincé dans sa droite radicale, il aura bien du mal à sortir la tête de l’eau.

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