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Les partis qui ont dirigé la France sont au plus bas

Scénario inédit en France. Les candidats des deux grands partis de la vie politique française seraient éliminés au 1er tour. L'analyse du politologue historien Christian Delporte

Benoît Hamon, candidat du PS, est à 14% d'intentions de vote. François Fillon, candidat des Républicains, est à 20%. Loin derrière Marine Le Pen (27%) et Emmanuel Macron (25%).
Benoît Hamon, candidat du PS, est à 14% d'intentions de vote. François Fillon, candidat des Républicains, est à 20%. Loin derrière Marine Le Pen (27%) et Emmanuel Macron (25%).

Ni le candidat de la droite républicaine ni le candidat du Parti socialiste présents au second tour de la présidentielle! «Etat d’alerte à droite», titre LeFigaro, qui publie un sondage (Sofres) montrant que ce scénario totalement inédit dans l’histoire de la Ve République est de l’ordre du possible.

C’est en effet Marine Le Pen (27% des intentions de vote) et Emmanuel Macron (25%) qui font désormais la course en tête, loin devant François Fillon (20%) et Benoît Hamon (14%). Deux outsiders, hors des deux partis qui structurent la vie politique française depuis quarante ans, seraient en finale!

«C’est clairement la volonté de renouvellement qui ne cesse de s’exprimer depuis des mois dans le pays», analyse Christian Delporte. Ce politologue, spécialiste de l’histoire politique et culturelle de la France au XXe siècle, voit dans les chiffres des sondages l’illustration de «la déception d’un pays en crise. Les gens se disent: «On a essayé la droite, on a essayé la gauche, elles nous ont déçus. Dont acte: tentons autre chose.»

Le MoDem renforce Macron et non Fillon

Et Christian Delporte de poursuivre: «Ainsi les primaires organisées par les deux partis ont surtout servi à éliminer Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, puis Manuel Valls. Les électeurs deviennent tacticiens. Par le passé, ils votaient utile; désormais, ils le font d’une manière plus fine.»

Le Figaro, journal qui soutient François Fillon, s’inquiète d’ailleurs de voir le vainqueur de la primaire des Républicains ne pas parvenir à remonter dans les sondages après la tempête de l’affaire des emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants. Si le socle des électeurs républicains apparaît solide (autour des 20%), le quotidien de droite constate qu’une grande majorité de l’électorat MoDem (73%) vote pour Emmanuel Macron selon la consigne donnée par François Bayrou.

Le parti Les Républicains en question

«Les Républicains, c’est l’ex-UMP. Celle-ci, fondée en 2002 autour de Chirac, regroupait tous les courants de la droite française républicaine. Cette famille ne tenait ensemble que parce qu’elle était au pouvoir – avec Chirac puis Sarkozy – ou qu’elle vivait dans la perspective de reprendre le pouvoir», pense Christian Delporte.

Qui voit, en cas d’élimination de François Fillon au premier tour de la présidentielle, «une recomposition de la droite française. Et si Emmanuel Macron l’emporte, ce sera encore plus un chamboule-tout pour les partis. Car le centrisme large de Macron capte aussi bien à droite qu’à gauche.»

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