L'opposition défile contre Vladimir Poutine

RussieSamedi à Moscou, une manifestation est prévue pour protester contre les réformes constitutionnelles voulues par Poutine et en mémoire de l'opposant Nemtsov.

Il y a cinq ans, l'opposant Boris Nemtsov était assassiné aux pieds du Kremlin. (Vendredi 28 février 2020)

Il y a cinq ans, l'opposant Boris Nemtsov était assassiné aux pieds du Kremlin. (Vendredi 28 février 2020) Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'opposition russe doit manifester samedi à Moscou contre les réformes constitutionnelles voulues par le président Vladimir Poutine et en mémoire de l'opposant Boris Nemtsov, assassiné il y a cinq ans aux pieds du Kremlin.

Il s'agira de la première manifestation d'ampleur depuis l'annonce de la vaste révision constitutionnelle voulue par le président russe et depuis le mouvement de protestation en faveur d'élections libres qui a secoué Moscou à l'été 2019 et qui avait été fermement réprimé par les autorités. Elle commémorera également la mort de Boris Nemtsov, l'une des principales voix anti-Poutine jusqu'à son assassinat en février 2015. Cinq exécutants ont été condamnés, mais le commanditaire est resté introuvable.

«Le Kremlin va regarder combien de gens participent à la marche pour Nemtsov. De cela dépendra avec quel niveau de cynisme ils continueront l'opération destinée à maintenir Poutine au pouvoir», écrivait mardi sur Twitter l'opposant numéro 1 au Kremlin, Alexeï Navalny, appelant ses partisans à rejoindre le défilé.

Autorisée par les autorités, la marche de samedi est la première manifestation d'importance depuis que Vladimir Poutine a annoncé une révision constitutionnelle qui renforcera plusieurs prérogatives du président et musclera le rôle du Conseil d'Etat, un organe jusqu'alors consultatif.

Pour beaucoup d'analystes, Vladimir Poutine organise avec cette réforme l'après 2024, en se laissant le maximum de portes ouvertes pour préserver son influence, pérenniser le système qu'il a bâti en 20 ans au pouvoir, alors qu'il doit quitter les fonctions présidentielles puisqu'il ne pourra pas se représenter.

«Je vais aller à la marche (...) car c'est l'une des seules possibilités de se réunir avec ceux qui vous sont idéologiquement proches et sentir que tout n'est pas sans espoir», a indiqué à l'AFP Viktoria Popova, artiste de 30 ans.

«Rester pour toujours»

Un des organisateurs de la marche, l'opposant Ilia Iachine, a indiqué qu'elle était une façon de rappeler au président Poutine qu'il ne peut pas rester au pouvoir éternellement. «Il y a des moments où vous ne pouvez pas juste rester à la maison (...) Poutine ne peut pas rester au pouvoir pour toujours, il est temps de le lui rappeler», a-t-il déclaré.

Selon un récent sondage du centre indépendant Levada, seul 25% des Russes sont prêts à voter en faveur des changements constitutionnels voulus par Vladimir Poutine, tandis que 65% disent ne pas comprendre ce qu'ils signifient. Les sondés sont plus divisés que jamais sur l'avenir du président: 44% veulent le voir quitter le pouvoir après 2024, 45% veulent le voir rester.

L'assassinat par balles de Boris Nemtsov en février 2015 avait, lui, provoqué une onde de choc dans la société russe comme à l'étranger, les appels à retrouver les auteurs et les commanditaires se multipliant sur fond de soupçons d'implication des autorités russes.

L'opposant, qui incarnait la génération des jeunes réformateurs des années 1990, avait servi dans le gouvernement de Boris Eltsine avant de devenir un virulent critique du président Vladimir Poutine. Il préparait au moment de sa mort une enquête sur l'implication de l'armée russe dans la guerre dans l'est de l'Ukraine, qui a fait plus de 13'000 morts depuis son déclenchement en 2014.

En 2017, cinq hommes originaires des républiques russes de Tchétchénie et d'Ingouchie ont été condamnés pour son meurtre à des peines de 11 à 20 ans de prison. L'enquête officielle estime que l'opposant a été assassiné pour ses critiques de l'Islam, mais elle est mise en doute par l'opposition, qui soupçonne une implication de l'autoritaire dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, déjà mis en cause dans d'autres assassinats d'opposants et de journalistes.

Le commanditaire présumé a été identifié par les enquêteurs comme un certain Rouslan Gueremeïev, commandant d'une unité militaire tchétchène. Jamais arrêté, il aurait fui à l'étranger. L'Union européenne et Alexeï Navalny ont appelé les autorités russes à rouvrir l'enquête. (afp/nxp)

Créé: 29.02.2020, 05h39

Articles en relation

Poutine ne voulait pas d'un sosie officiel

Russie Lors de la guerre en Tchétchénie, il était prévu que Vladimir Poutine ait un sosie. Le président russe s'y est finalement opposé. Plus...

La Russie perd son dernier maréchal soviétique

Carnet noir Dmitri Iazov est décédé mardi à l'âge de 95 ans. Il était impliqué dans le putsch contre Mikhaïl Gorbatchev et la répression du mouvement indépendantiste en Lituanie en 1991. Plus...

Pour Washington, les Russes sont de retour

États-Unis Le spectre de la Russie resurgit derrière les primaires démocrates et l'élection présidentielle, comme en 2016. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Le coronavirus crée une frénésie de nettoyage
Plus...