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Le nouveau Fillon cajole le totem de la «Sécurité sociale»

Le candidat des Républicains a présenté son nouveau projet santé. Rien à voir avec la première version. Le candidat de la droite en difficulté soutient désormais l'institution...

Mardi à Paris, François Fillon a mis en avant une mouture très sociale de ses ambitions santé.
Mardi à Paris, François Fillon a mis en avant une mouture très sociale de ses ambitions santé.
EPA

Désormais relancé dans les sondages, François Fillon a présenté mardi son programme santé. Un nouveau programme. Remanié de fond en comble: adouci. Car celui que le vainqueur de la primaire des Républicains, en novembre 2016, voulait prescrire à la France l’avait déjà fait en partie décrocher dans les intentions de vote et avait provoqué des remous jusque dans son camp. Et ce bien avant l’affaire des emplois présumés fictifs de son épouse, Penelope Fillon, et de ses enfants révélée par le Canard enchaîné en janvier.

Un marqueur central

En effet, en France, on ne s’attaque pas impunément à la sécurité sociale, un totem de l’identité française. «Il y a évidemment des questions techniques de remboursement de médicaments. C’est très important, notamment pour les personnes âgées qui sont l’électorat de François Fillon», explique Stéphane Rozès, président de CAP et enseignant à HEC.

Et surtout, Stépahne Rozès de poursuivre: «Il y a avant tout la question profonde, quasi mythique, du modèle social français. La sécurité sociale est un marqueur tout à fait central dans l’idée que les Français se font de la solidarité et de la prise en charge collective. Ce système a été mis en place par le programme du Conseil national de la résistance après la Libération. C’est le modèle sur lequel tout le monde s’était mis d’accord: des gaullistes jusqu’aux communistes en 1946», raconte le politologue.

«Dans une France libérée, nous libérerons les Français des angoisses du lendemain.» La phrase est d’Ambroise Croizat. Ce communiste, grande figure de la CGT, fut ministre du Travail du général de Gaulle en 1946. C’est notamment à lui que rend hommage un documentaire de Gillet Perret actuellement en salles. La Sociale, pour les 70 ans de l’institution, se taille un joli succès partout en France.

Conflit d’intérêts

«La formulation était ambiguë», explique François Fillon au quotidien Le Parisien, à qui il a détaillé en primeur son nouveau projet santé. Ce sont d’ailleurs deux anciens de l’équipe de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé qui ont peigné le projet trop «thatchérien» pour une présidentielle française.

Car la première intention de François Fillon prévoyait que la sécurité sociale ne rembourse que les «gros risques», tandis que les «petits risques» seraient pris en charge par les assurances complémentaires privées. Controverse.

D’autant que François Fillon a été rémunéré par la société d’assurance AXA pour un mandat de conseil. Le patron de ce géant de l’assurance, Henri de Castries, participe d’ailleurs à son équipe de campagne et son nom a circulé comme potentiel premier ministre. Le soupçon du conflit d’intérêts est donc réel pour ses adversaires qui, de Marine Le Pen à Benoît Hamon, n’ont pas manqué de l’attaquer.

Tout doux avec les personnes âgées

Pour le coup, François Fillon met en avant une mouture très sociale de ses ambitions santé. Il promet le remboursement intégral des lunettes des enfants dès 2017 et celui des prothèses auditives et dentaires avant la fin du quinquennat. Il n’est plus question de gestion des risques mais carrément d’une amélioration de la couverture sans coûts supplémentaires pour les assurés.

Pour faire encore meilleure figure, il promet de supprimer en plus le tiers payant et l’Aide médicale d’état (AME) pour les sans-papiers, deux mesures symboliques d’une politique de gauche. Le candidat de la droite a aussi rassuré sur les suppressions de postes dans la fonction publique. En aucun cas elles ne toucheront les hôpitaux.

Ne plus faire dans le Churchill! «Alors que François Fillon parlait de rupture, de changement de logiciel, il a désormais choisi un autre ton. L’affaiblissement de sa position morale l’oblige à relativiser les sacrifices exigés. Il ne peut plus faire dans le Churchill», met en perspective Stéphane Rozès. D’ailleurs, François Fillon ne plaide plus pour une austérité sous forme d’une intangible «règle d’or budgétaire». Mais promet des Assises de la santé pour la fin de 2017 s’il est élu.

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