Le Mouvement 5 étoiles et la Ligue loin d’un accord

ItalieLes tractations entre les deux formations antisystème pour la formation d’un gouvernement plus ardues que prévu.

Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 étoiles, avait l’air satisfait après sa rencontre au Palais du Quirinal avec le président de la République, Sergio Mattarella.

Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 étoiles, avait l’air satisfait après sa rencontre au Palais du Quirinal avec le président de la République, Sergio Mattarella. Image: Keystone

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Coup de théâtre, lundi, à l’issue d’une journée qui devait donner un Exécutif à l’Italie plus de 70 jours après les élections législatives. À deux doigts de sceller leur union, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) sont désormais sur le point de rompre. Ils ont demandé quelques jours supplémentaires au chef de l’État, Sergio Mattarella, pour s’entendre sur le nom du président du Conseil et régler quelques points de leur contrat de gouvernement qu’ils entendent soumettre à leurs militants.

En cas d’échec ils demanderont de nouvelles élections. «Pour la première fois des tractations ont porté d’abord sur des propositions et pas sur des prénoms et des noms» s’est félicité le chef du M5S, Luigi Di Maio. Celles pour trouver celui du prochain chef de gouvernement se sont avérées être les plus difficiles. Le prochain président du Conseil sera «un politique et non un technicien» affirmait Luigi Di Maio.

Le patron de la Ligue, Matteo Salvini, s’est montré beaucoup moins conciliant. «Si je vais au gouvernement, je veux faire ce que j’ai promis aux Italiens», a-t-il martelé, assurant que dans la mesure où les sondages le donnaient en hausse, son parti ne craignait pas de retourner aux urnes en cas d’échec des discussions.

Réformes promises

Concernant les ministres, Luigi Di Maio pourrait devenir celui des Affaires étrangères tandis que le patron de la Ligue, Matteo Salvini, serait celui de l’Intérieur. Le M5S, arrivé en tête des législatives avec 32% des voix, s’octroierait les portefeuilles de l’économie et de la justice notamment pour mettre en place une loi anticorruption plus sévère. La Ligue obtiendrait ceux de l’Agriculture et du Développement économique avec ses nombreuses PME/PMI, le cœur de son électorat.

Trois réformes phares sont déjà annoncées: la loi retardant progressivement l’âge de départ à la retraite sera supprimée. Il est actuellement fixé à 66 ans et sept mois, avant de passer à 67 ans en 2019. Le barème 100 pourrait être introduit, à savoir la possibilité de cesser son activité professionnelle lorsque la somme de l’âge et des années de cotisation est égale à 100 (par exemple 64 ans et 36 ans de cotisations).

Le M5S lancera sa mesure phare de revenu de citoyenneté mais consentira à son report en 2019 tandis que la Ligue appliquera sa «flat tax», ce taux d’imposition unique de 15% mais devra la reconfigurer.

Les deux forces populistes sont proches sur de nombreux dossiers mais les divergences ne manquent pas. Elles veulent tous les deux apporter des solutions à la question migratoire. Mais les réponses de Matteo Salvini sont plus musclées que celles de Luigi Di Maio.

Au président de trancher

C’est sur la politique étrangère que les frictions pourraient être les plus importantes. Ils sont eurosceptiques et souverainistes. Mais le M5S a lancé des signes d’ouverture à l’égard de Bruxelles et de Washington tandis que la Ligue veut se rapprocher de Moscou et exige la levée des sanctions européennes contre la Russie. Il faudra trancher et cela pourrait bien incomber au président de la République, Sergio Mattarella, lequel a rappelé que son rôle n’est pas «celui d’un notaire». Il n’hésitera pas à mettre son veto sur le nom de ministres, veillera au respect des engagements internationaux de l’Italie mais surtout à la couverture financière des mesures proposées. Il sera très certainement rapidement mis à l’épreuve. Le coût des trois mesures qu’entendent immédiatement adopter le M5S et la Ligue est estimé à 70 milliards d’euros. Pour les financer, ils pensent prendre des libertés avec les règles européennes en matière de déficit. Ils oublient que la dette publique italienne est de près de 2300 milliards d’euros soit plus de 132% du PIB. Il n’y a pas que Sergio Mattarella qui sera vigilant. Les marchés le seront aussi. (TDG)

Créé: 14.05.2018, 22h35

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