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Marine Le Pen et Florian Philippot se disputent le couscous en euros

Entre la présidente du FN et son bras droit, la tension ne cesse de monter. Drôle d’ambiance au FN sur fond de repositionnement politique. Et si le «gaucho-lepénisme» avait vécu, analyse Dominique Reynié.

Florian Philippot, le penseur «gaucho-souverainiste», n'est plus en odeur de sainteté au FN. Marine Le Pen veut clarifier la situation. Illustration d'un repositionnement du parti qui en aurait fini avec la «dé diabolisation»!
Florian Philippot, le penseur «gaucho-souverainiste», n'est plus en odeur de sainteté au FN. Marine Le Pen veut clarifier la situation. Illustration d'un repositionnement du parti qui en aurait fini avec la «dé diabolisation»!
AFP

«J’ai demandé à Florian de choisir. Je vais le rencontrer. S’il n’accepte pas (ndlr: de choisir), je choisirai pour lui. Je souhaite que Florian reste aux responsabilités importantes que je lui ai confiées!» C’est en ces termes que Marine Le Pen a parlé mercredi matin sur CNEWS. La tension entre la présidente du FN et son bras droit Florian Philippot ne cesse de monter depuis que le vice-président du FN a lancé son association «Les Patriotes».

Jusqu’à présent, le vice-président en charge de la stratégie du FN Florian Philippot n’entre pas en matière et feint de ne pas comprendre le «conflit d’intérêts» que créerait son mouvement. Est-ce une simple dispute sur la ligne politique du parti ou davantage? Pour Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol - un think tank ancré à droite), c’est sans doute la ligne «gaucho-lepéniste du FN qui est en train de s’effacer».

Derrière cette réelle polémique au sein des instances du Front national, c’est bien le rôle de Florian Philippot qui est remis en cause. Il passe pour de nombreux militants FN pour le principal responsable du naufrage de Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux tours de la présidentielle face à Emmanuel Macron.

Cette semaine encore, Florian Philippot est en proie aux invectives de la frange identitaire du FN qui lui reproche d’avoir mangé un couscous. L’anecdote est risible, mais elle illustre le malaise et le reproche incessant sur sa politique de dédiabolisation.

La tendance de fond

«A propos de Marine Le Pen, on oublie de souligner qu’elle a gagné 3 millions d’électeurs lors de l’entre-deux tours. En 2012, elle avait déjà fait un score supérieur à celui de son père et de Bruno Mégret en 2002 réunis. Il y a une tendance de fond du renforcement du FN, malgré les accidents de parcours. Comme le débat», insiste Dominique Reynié.

Le professeur de sciences politiques à Sciences Po insiste d’abord sur le rôle joué par la peur de la sortie de l’euro. Pour lui, cette crainte pèse davantage que l’autoritarisme ou les thèses antimigratoires du FN. «Les Français, mais les Européens aussi, préfèrent l’euro à l’Europe. L’euro, c’est la valeur de ses biens même si on n’a pas grand-chose. C’est l’erreur de fond de Marine Le Pen, elle a voulu miser sur l’identité – le patrimoine immatériel – et sur le patrimoine matériel, l’économie. Or jouer avec l’euro, c’est le menacer. Et les Français savent qu’un euro vaudra toujours plus qu’un franc. On n’est pas économistes mais on le sait.»

Relancer la ligne identitaire

Et Dominique Reynié de rappeler qu’en 2011, Jean-Marie Le Pen déjà avait rendu attentive sa fille au fait que la sortie de l’euro constituerait une barrière infranchissable. Le prochain congrès du FN aura lieu en 2018, entre «janvier et mars», avertit Marine Le Pen qui dit vouloir «tout changer» et «clarifier la ligne».

La clarification réalisée, Florian Philippot peut devenir le champion d’un nouveau parti «patriote et anti-euro», dont il est difficile de présumer du poids, pense Dominique Reynié. Par contre, le politologie en est certain, Marine Le Pen peut aisément relancer son FN en s’appuyant sur la ligne contestataire et identitaire. «Immigration, insécurité, islam restent les trois principes de base des populismes européens. Et aucun gouvernement n’est arrivé pour l’instant à donner une réponse satisfaisante pour les gouvernés!», fait-il remarquer.

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