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Londres n’exclut plus de payer l’addition du Brexit

Le Royaume-Uni serait prêt à offrir entre 50 et 60 milliards d’euros aux Vingt-Sept pour sortir de l’Union européenne.

Le négociateur européen Michel Barnier veut décourager tout autre pays de suivre le chemin du Royaume-Uni hors de l’Union européenne.
Le négociateur européen Michel Barnier veut décourager tout autre pays de suivre le chemin du Royaume-Uni hors de l’Union européenne.
EPA

Boris Johnson ne fait plus le malin. Au début des négociations sur le Brexit entre Londres et Bruxelles en juillet, le ministre britannique des Affaires étrangères avait fait savoir que les Européens «pouvaient toujours courir» s’ils pensaient récupérer «les sommes que j’ai lues», qu’il avait comparées à de «l’extorsion». Selon de persistantes rumeurs bruxelloises, la Commission européenne réclamait alors au Royaume-Uni une taxe de sortie de l’Union européenne de 116 milliards de francs. De leur côté, les Britanniques penchaient pour le versement d’environ 23 milliards de francs pour les deux années de la période de transition post-Brexit (prévue en 2019 et 2020). Alors que la presse britannique assure depuis mardi soir que la première ministre, Theresa May, présentera une nouvelle proposition équivalente à 58 à 64 milliards de francs, l’ancien maire de Londres a changé de ton. Il a promis que les siens feraient «une offre juste» pour sortir les négociations de l’impasse. «C’est le moment de sortir le navire des récifs et de le faire avancer!»

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À l’image de Boris Johnson, les responsables britanniques des négociations ont lâché du lest ces cinq derniers mois. Un à un. Le ministre en charge de la sortie de l’Union européenne, David Davis, voulait mener les négociations financières et commerciales simultanément. Dès sa première rencontre avec le négociateur européen Michel Barnier, il a pourtant accepté qu’elles se déroulent l’une après l’autre. Theresa May avait sous-entendu qu’elle pourrait utiliser les droits des résidents européens au Royaume-Uni comme une arme de négociation. Elle a abandonné cette idée suite à la réaction de l’opinion publique et des médias.

Bruxelles inflexible

Lors de ce premier tour des négociations, qui a souvent ressemblé à un duel en bonne et due forme, Londres a cligné des yeux la première. Face à elle, Bruxelles s’est montrée inflexible – intransigeante, râlent ses interlocuteurs. La dégradation de la conjoncture économique britannique, en majeure partie liée à l’incertitude autour du futur accord entre le Royaume-Uni et l’UE, a joué un rôle majeur dans cette guerre des nerfs.

Les conférences de presse organisées à la fin de chacun des tours de négociations ont également marqué les esprits. Certes, ces exercices sont tout sauf improvisés et font partie d’une stratégie de communication clairement établie. D’un côté un David Davis hâbleur et optimiste cherchant à atténuer l’anxiété d’une partie des citoyens et des entreprises britanniques, de l’autre un Michel Barnier cassant et pessimiste voulant exposer la fermeté européenne pour décourager tout autre pays de suivre le chemin du Royaume-Uni hors de l’UE.

Message porteur

Le message transmis par Michel Barnier sur l’impasse provoquée par le manque de préparation de Londres et l’amateurisme de son équipe a pourtant porté. Outre son influence auprès des médias, il a réussi à faire douter les Brexiters les plus volontaires et même l’équipe de négociation britannique. Même si tout Bruxelles craignait les aptitudes des Anglais à la négociation, il semble bien que son équipe ait remporté la première manche.

En apparence en tout cas. Le versement de 58 à 64 milliards de francs correspond à cinq années de son versement au budget européen, voire moins s’il comprend la contribution britannique aux deux années de transition. Un prix pas si élevé pour des Brexiters désireux de se libérer du «joug bruxellois».

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