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Au lendemain de l’attaque dans un tramway d’Utrecht, la piste terroriste se dessine

Le drame familial exclu, les enquêteurs envisagent sérieusement le caractère terroriste de la fusillade qui a fait 3 morts et 5 blessés lundi.

Témoins de l'attaque de lundi, ces ouvriers déposent des fleurs sur les lieux du drame.
Témoins de l'attaque de lundi, ces ouvriers déposent des fleurs sur les lieux du drame.
Keystone

Au lendemain de la fusillade qui a fait trois morts et cinq blessés dans un tramway à Utrecht, bien des questions restaient sans réponses, mardi. La piste terroriste est «sérieusement» envisagée, l’hypothèse d’un drame familial s’étant vite évanouie.

Aucun lien n’a pu être établi entre les victimes et le meurtrier présumé, un Turc de 37 ans arrêté lundi en fin d’après-midi dans les quartiers nord d’Utrecht, après huit heures de chasse à l’homme. Il ne connaissait pas la jeune femme de 19 ans qu’il a visée, selon les témoins oculaires de la fusillade, ni les deux hommes de 28 et 49 ans tués alors qu’ils tentaient de secourir cette dernière.

Outre l’arme à feu saisie lors de son arrestation, une lettre a été retrouvée dans la Clio rouge qu’il avait volée peu avant son forfait. Aucun détail n’a été donné sur cette missive, en dehors du fait qu’elle adresse un avertissement aux procureurs.

Le suspect, Gökmen Tanis, se trouve aux prises avec la justice pour plusieurs crimes. Accusé de viol, il a été libéré au bout d’un mois de détention provisoire durant l’été 2017. À nouveau incarcéré en janvier dernier pour non-respect des conditions de son contrôle judiciaire, il a été libéré de manière conditionnelle le 1er mars. Avant d’être condamné les 4 et 5 mars pour vol à l’étalage et un cambriolage commis en septembre.

Les rumeurs vont bon train, désormais, sur les connexions possibles de la famille Tanis avec des groupes radicaux. L’hypothèse d’un acte terroriste prête à d’autant plus de conjectures que les chiens de la police ont mené les enquêteurs vers deux autres suspects, également interpellés lundi à Utrecht. Il s’agit de deux frères de 23 et 27 ans, sans lien de parenté avec Gökmen Tanis, mais dont les identités n’ont pas été révélées.

Le premier ministre Mark Rutte s’est rendu mardi à Utrecht pour rendre hommage aux victimes et déposer des fleurs sur les lieux de la tuerie. Il dit n’exclure «pour l’instant aucune piste», tandis que le ministre de la Justice, à ses côtés, a demandé à la population de ne pas «spéculer» avant la fin de l’enquête.

De leur côté, les autorités turques se montrent très concernées par l’affaire, sur laquelle elles enquêtent activement. Le président turc Recep Tayyip Erdogan est lui-même monté au créneau pour dire que les services de renseignement rassemblent des informations.

Brouille diplomatique

L’attaque, il est vrai, intervient peu après la fin d’un an de brouille diplomatique entre les deux pays. En mars 2017, les Pays-Bas avaient empêché l’actuel ministre turc des Affaires étrangères de faire campagne sur leur territoire, où vit une importante communauté turque, en vue d’un référendum constitutionnel en Turquie. Le ministre avait à son tour bloqué le retour à Ankara de l’ambassadeur des Pays-Bas après des congés. La discorde a cessé en octobre, lors d’un déplacement du ministre néerlandais des Affaires étrangères à Ankara.

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