La course au 10 Downing Street fait trembler la diplomatie britannique

Royaume-UniLa tension monte entre dirigeants américains et britanniques après la publication de documents confidentiels.

James Hunt, ministre britannique des Affaires étrangères, et Boris Johnson, chef de file du Brexit Party, sont tous les deux candidats à la succession de Theresa May.

James Hunt, ministre britannique des Affaires étrangères, et Boris Johnson, chef de file du Brexit Party, sont tous les deux candidats à la succession de Theresa May. Image: KEYSTONE/DAVID MIRZOEFF

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Donald Trump s’est invité mardi soir dans le premier débat télévisé entre les deux candidats à la succession de la leader conservatrice et première ministre britannique Theresa May. Deux jours après la publication par le «Mail on Sunday» de notes diplomatiques confidentielles extrêmement négatives rédigées par l’ambassadeur britannique à Washington à propos du président américain, Jeremy Hunt et Boris Johnson ont présenté leur vision des relations entre le Royaume-Uni et les États-Unis.

Le premier a mis en avant sa capacité à porter des messages durs, comme lorsqu’il a indiqué au président américain mardi après-midi via le réseau social Twitter que ses récents commentaires sur Theresa May étaient «irrespectueux et erronés». De son côté, Boris Johnson a refusé de critiquer le président américain, estimant qu’il est important d’avoir de bonnes relations avec la Maison-Blanche. Il a en revanche estimé que «celui qui a rendu publiques ces informations mérite d’être éviscéré».

Fuite orchestrée

Tout laisse pourtant à croire que cette fuite s’explique par la lutte pour la succession de Theresa May et qu’elle implique une personne de leur entourage. L’auteure de l’article du «Mail on Sunday» étant proche de Nigel Farage, le quotidien «The Guardian» estime qu’elle aurait pu vouloir accélérer le remplacement de l’actuel ambassadeur par le cofondateur du Brexit Party, comme l’avait suggéré Donald Trump peu après son élection en décembre 2016. À moins que cette fuite vise plus simplement à affaiblir l’actuel ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt.

Ce petit jeu, particulièrement nocif pour le pays, n’affectera néanmoins pas le futur vainqueur. Lundi et mardi, le fantasque président américain s’en est avant tout pris à l’actuelle dirigeante britannique. Sur Twitter, il a rappelé avoir été «très critique de la manière dont le Royaume-Uni et la première ministre Theresa May ont géré le Brexit […] Je lui ai dit comment obtenir un accord mais elle a choisi sa propre voie idiote.» Ultime coup de canif contre son homologue britannique, il s’est félicité que «la bonne nouvelle est que le formidable Royaume-Uni aura bientôt un nouveau premier ministre».

«Maladroite et inepte»

La colère de Donald Trump est au niveau des critiques portées par Kim Darroch à son égard dans les notes publiées dimanche, qui datent d’entre 2017 et ces dernières semaines. Dans un télégramme envoyé au gouvernement en juin 2017, il avait indiqué: «Je ne pense pas que cette administration apparaîtra un jour compétente. […] Nous ne pensons vraiment pas que cette administration deviendra plus normale, moins dysfonctionnelle, moins imprévisible, moins dirigée par des factions, moins diplomatiquement maladroite et inepte.»

Il avait ensuite rédigé un guide à l’attention de Theresa May et de ses conseillers pour leur permettre de s’attirer les faveurs de Donald Trump. «Il faut commencer par le flatter à propos de quelque chose qu’il aurait fait récemment […] Comme un conseiller de la Maison-Blanche me l’a dit, il n’y a pas d’intérêt à être subtil et encore moins ambigu avec ce président.»

Au regard de son comportement vis-à-vis de Donald Trump, la première ministre britannique a visiblement adopté ces conseils. Depuis l’élection de celui-ci à la Maison-Blanche, Theresa May est devenue l’un des dirigeants internationaux les plus proches du président américain.

Victime collatérale

Ces révélations ont remis cette situation en question et Donald Trump a clairement marqué sa volonté de changement. «Je ne connais pas l’ambassadeur mais il n’est pas apprécié aux États-Unis», a-t-il fait savoir lundi soir. «Nous ne travaillerons plus avec lui.» Mardi, il l’a qualifié de «mec très stupide» et d’«idiot pompeux». Même si Theresa May a défendu le travail de son ambassadeur, Kim Darroch pourrait ainsi bien devenir la victime collatérale d’un combat interne au parti conservateur où tous les coups semblent désormais permis.

Créé: 09.07.2019, 22h50

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