Ken Isaacs honni mais favori de l’élection à l’OIM

Genève internationaleL’Américain brigue la tête de l’Organisation internationale pour les migrations. Le vote a lieu ce vendredi à Genève.

L’Américain Ken Isaacs, 65 ans, semble en mesure d’être élu à l’issue du vote qui doit se tenir ce vendredi à Genève

L’Américain Ken Isaacs, 65 ans, semble en mesure d’être élu à l’issue du vote qui doit se tenir ce vendredi à Genève Image: TDG

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Malgré la controverse qui a suivi l’annonce de sa candidature au poste de directeur général de l’Organisation internationale des migrations (OIM), l’Américain Ken Isaacs, 65 ans, semble en mesure d’être élu à l’issue du vote qui doit se tenir ce vendredi à Genève en présence des représentants des 171 États membres de l’organisation fondée en 1951. Les deux autres candidats, Laura Thompson (Costa Rica) actuelle directrice générale adjointe de l’OIM et Antonio Vitorino (Portugal), ancien ministre de la Défense et commissaire européen à la Justice ont peu de chance de pouvoir l’emporter et de succéder au sortant William Lacy Swing, un diplomate de carrière. Pourtant, l’annonce de la candidature de Ken Isaacs, au début de février, avait soulevé un tollé. Les médias américains ayant exhumé d’anciens tweets dans lesquels le candidat de l’administration Trump s’en était pris à l’Islam et aux musulmans après l’attentat du London Bridge en juin 2017. Issu de la mouvance évangéliste, vice-président de l’ONG Samaritan’s Purse, Ken Isaacs a, jusque-là, mis un point d’honneur à porter «la parole du Christ» et à défendre «en priorité» les chrétiens. Son manque de neutralité et son manque d’expérience diplomatique constituent un énorme handicap. Mais visiblement pas au point de remettre en question un usage en vigueur depuis le début des années 1960, qui veut que le poste de directeur général de l’OIM soit réservé aux États-Unis, premier contributeur de l’organisation. Un camouflet en vue pour les détracteurs du candidat américain. Le sexagénaire s’est dépensé sans compter ces dernières semaines pour corriger son image et minimiser la portée de ses propos passés. Il aurait été assez convaincant. «Les États-Unis ont déployé de gros moyens pour le soutenir. Ils savent le faire», témoigne un diplomate. Le candidat américain a pris soin d’inscrire son projet dans la continuité des missions dévolues à l’OIM dans la gestion des migrations. Ken Isaacs a multiplié les rencontres et s’est même fait prendre en photo avec le pape, qui a pris des positions très fortes sur la question des migrants. Si ses clarifications semblent satisfaire certains pays, d’autres attendent beaucoup plus. Aux États-Unis, d’anciens collègues lui ont demandé d’aller plus loin en désavouant la politique migratoire menée par Donald Trump. Pour remporter les deux tiers des votes nécessaires à son élection, Ken Isaacs va devoir faire le grand écart entre ses positions passées et ses engagements à venir. Pas de vote de barrage en perspective. L’union africaine n’a pas donné de consigne de vote, plusieurs pays africains comme le Rwanda ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils voteraient pour le candidat américain. «Grosso modo, on retrouve la discipline de vote observée à la FIFA lors de l’attribution de la Coupe du monde de football 2026 aux États-Unis», ironise un diplomate africain. Les pays arabes sont divisés. Certes, il y a eu des propos homophobes mais il s’agit des États-Unis et l’intéressé a effacé les tweets litigieux et s’est excusé. Quant aux Européens, ils peinent à cacher leur embarras. Bloquer l’élection du candidat américain, c’est prendre le risque de voir la Maison-Blanche réduire les crédits qui assurent le fonctionnement de l’OIM. Après le départ des États-Unis du Conseil des droits de l’homme, ce serait un coup de plus porté au système multilatéral et à la Genève internationale.

Créé: 28.06.2018, 19h32

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