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Jean-Luc Mélenchon, la veste de l'instit', qui fait grimper l'insoumis

Le candidat de la France insoumise est en train de rafler la mise à gauche et de s'imposer comme le troisième homme. Comment le vieux tribun a fait du neuf avec du vieux... Analyse.

Jean-Luc Mélenchon est désormais crédité de 18% d'intentions de vote. A gauche, la dynamique est chez la France insoumise.
Jean-Luc Mélenchon est désormais crédité de 18% d'intentions de vote. A gauche, la dynamique est chez la France insoumise.
AFP

Jean-Luc Mélenchon devant François Fillon. Le candidat de la France insoumise est en effet crédité de 18% des intentions de vote par un sondage publié par le Figaro. Il devance d’un point le candidat des Républicains François Fillon. L’outsider de la gauche de la gauche est devenu le troisième homme de la campagne présidentielle (derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron). Son dernier meeting à Marseille l'a montré très en verve...

A deux semaines du 1er tour, le résultat surprend et ouvre encore plus les pronostics. Et si les sondages sont désormais régulièrement contestés, ils indiquent néanmoins clairement qu’il y a une dynamique Jean-Luc Mélenchon. Son rival à gauche, Benoît Hamon, s’est déjà prononcé en sa faveur en cas d’élimination dès le 1er tour.

La progression de Jean-Luc Mélenchon, c’est aussi la descente aux enfers de Benoît Hamon. Le candidat officiel du PS, qui avait gagné la primaire de la gauche fin janvier, n’en finit plus de régresser dans les sondages (9%). Celui qui se voyait investi dans le sillage de François Hollande et François Mitterrand a passé sous la barre des 10%. Tout indique que le vote utile à gauche se concentre sur Jean-Luc Mélenchon.

Le vote utile à gauche

«Benoît Hamon semble pâtir du fait que beaucoup de gens ne veulent pas revoter PS. On ne peut comprendre la dynamique Mélenchon sans intégrer la déception engendrée par le quinquennat Hollande », analyse Vincent Tiberj, politologue spécialiste de la gauche et enseignant à Sciences-Po dans les colonnes du Parisien.

Mais le contexte seul n’explique pas la progression de Jean-Luc Mélenchon. Le «dégagisme», cette envie de renouveau qu’expriment les électeurs français a de fait été théorisé par le leader du Front de Gauche. Il est l’inventeur du mot. Et malgré le fait qu’il fut le plus jeune sénateur de France lors de son élection en 1986, Jean-Luc Mélenchon en selle depuis 31 ans dans la politique nationale reste perçu comme un outsider de 65 ans. Paradoxe : il est plus âgé que François Hollande (63 ans) et tout le monde semble avoir oublié qu'il fut ministre socialiste sous Lionel Jospin.

Le roi des débats

Les débats TV où il a excellé ont évidemment contribué à ce regain de forme. Lors du premier, il a marqué les esprits avec sa précision sur les «pudeurs de gazelle» autour des affaires judiciaires qui touchent Marine Le Pen et François Fillon. Et lors du deuxième, il a marqué par sa pique envers Marine Le Pen: «Fichez-nous la paix avec la religion et vos obsessions!»

Dans ce contexte, il a ainsi gagné 6% d’intentions de vote en quelques semaines. Il ne faut pas sous-estimer l’adhésion à la personne de Jean-Luc Mélenchon plus qu’à son programme. En vieux sage, à l’humour toujours affûté, il est apparu beaucoup plus pédagogue que par le passé. Mais toujours aussi déterminé. La preuve, il habille le tout dans une élégante veste-blouse d’instituteur d’autrefois. Chic, rassurant et un peu vieillot.

Présidentiel: sa seule préoccupation

De plus, pendant les échanges, le tribun de gauche a mené le débat sur l’identité et sur la politique internationale, notamment l’Europe. Pas de quoi effaroucher l’électeur par ses propositions sur les 32 heures, l’augmentation des indemnités chômage ou la nationalisation l’industrie d’armement. Benoît Hamon passe pour un doux rêveur, mais curieusement ce reproche n’est jamais adressé à Jean-Luc Mélenchon.

En fait, Jean-Luc Mélenchon qui a très bien préparé sa campagne apparaît apaisé et reposé. Il s’est présidentialisé. La preuve? Il n’a d’autre préoccupation que sa candidature... Il a laissé au Front de gauche le soin de ferrailler avec le Parti communiste les investitures aux législatives et autres cuisines de parti. Tandis que sa structure personnelle – la France insoumise – est un mouvement sans adhérent qui n’a d’autre objectif que la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

Le geek du numérique

Et pour couronner le tout, Jean-Luc Mélenchon a épousé les réseaux sociaux. Démonstration de force : le 18 avril, le candidat de la France Insoumise sera présent physiquement à Dijon, et en hologramme à Clermont-Ferrand, Grenoble, Montpellier, Nancy, Nantes et Le Port à La Réunion. Qui dit mieux ? Personne. ! Avec plus de 200 000 abonnés sur sa chaîne YouTube, 600 000 «followers» sur Facebook et 950 000 sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon est la plus grande star politique de l'ère numérique en France.

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