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«En partant, j'ai tiré une nouvelle fois sur Ján Kuciak»

L'assassinat du jeune journaliste Ján Kuciak et de sa compagne, en février 2018, a scandalisé la Slovaquie et continue de secouer le pouvoir.

Toute la Slovaquie a les yeux rivés sur le procès qui s'est ouvert à Pezinok, une petite ville située une vingtaine de kilomètres au nord-est de Bratislava. C'est là que sont jugés les quatre responsables présumés du meurtre du journaliste Ján Kuciak et de sa fiancée Martina Kušnírová, alors âgés de vingt-sept ans. Lundi, lors du premier jour des audiences, l'un des accusés, Miroslav Marcek, est passé aux aveux. Cet ancien militaire, cheveux ras et en sweat-shirt, a raconté à la Cour comment, avec son cousin Tomáš Szabó, un ancien policier, il a commis l'irréparable dans la soirée du 21 février 2018, après plusieurs jours de planque devant la petite maison que retapait le couple, à Velká Maca. « J'ai attendu que l’occasion se présente. Quand Madame Kušnírová est allée à la salle de bain, j'ai frappé à la porte, Monsieur Kuciak a ouvert, je lui ai tiré une balle dans la poitrine. Malheureusement, j'ai vu qu'il y avait quelqu’un d’autre, elle s’est précipitée dans la cuisine et, là, je lui ai tiré dessus. Je sais qu'elle est morte sur le coup. En partant, j'ai tiré une nouvelle fois sur Ján Kuciak, qui gisait dans les escaliers ». Il a présenté ses excuses aux parents des victimes qui, à quelques mètres de lui, n’ont pu retenir leurs larmes. Comme eux, des journalistes présents dans le tribunal arboraient le badge noir et blanc qui montre le portrait des deux jeunes gens, devenu iconique pour la jeunesse slovaque.

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